À André Falconet, le 10 février 1660
Note [1]

Maurice Raynaud (page 309) a donné l’intégrité de l’orgueilleuse inscription que les chirurgiens de Saint-Côme avaient mise au fronton de leur Collège :

Collegium M.M.D.D. Chirurgicorum Parisiis iuratorum a sancto Ludovico anno mccxxvi institutum, gradatim a Philippis, Ludovicis, Carolis, Ioanne, Franciscis et Henricis regibus christianissimis conservatum, modo sub auspiciis christianissimi iusti piique Ludovici xiii ob eius natalis memoriam instauratum, anno salutis mdcxv.

[Collège des maîtres docteurs chirurgiens jurés de Paris, institué par saint Louis l’an 1226, successivement confirmé par les rois très-chrétiens Philippe, Louis, Charles, Jean, François et Henri, reconstruit il y a peu sous les auspices du très-chrétien Louis xiii le juste et le pieux, pour son anniversaire, en l’an de grâce 1615].

Objet d’une partie du litige avec la Faculté de médecine, le mot Collegium fut supprimé. Plus tard, les chirurgiens obtinrent une déclaration royale suspendant l’arrêt de 1660 ; en outre (Le Maguet, pages 253‑254) :

« <ils> firent remettre sur leur porte le mot Collegium qu’ils avaient effacé. La Faculté fit casser l’arrêt de suspension et après mille péripéties, la victoire lui resta. Le 12 novembre 1667, le doyen Armand {a} de Mauvillain, […] l’ami de Molière, accompagné de maître Masson, huissier royal, alla faire effacer l’inscription de Collegium. Les chirurgiens la rétablirent le lendemain. Le 14 novembre, le doyen, toujours accompagné de l’huissier, mais nanti de témoins et d’ouvriers, fit de nouveau enlever l’inscription. À partir du 18 août, {b} les faits et actes de la Communauté des chirurgiens furent inscrits dans les Commentaires {c} sous la rubrique Res gestæ apud chirurgos Parisienses aut barbitonsores. {d} Toutefois les vaincus, en se réclamant du barbier du roi, avaient eu une idée très bonne : le roi, voyant les chirurgiens assimilés aux barbiers, voulut donner à la corporation un chef d’une dignité relevée ; en 1668, il reconnut François-Félix Tassy, son premier chirurgien, chef de la Communauté unie des chirurgiens et des barbiers ; ceux-ci avaient donc désormais un maître capable de défendre leurs prérogatives contre les attaques de la Faculté. »


  1. Armand-Jean.

  2. 1662.

  3. De la Faculté de médecine de Paris.

  4. « Affaires survenues chez les chirurgiens et barbiers de Paris. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 10 février 1660. Note 1

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(Consulté le 27.11.2020)

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