À André Falconet, le 6 mai 1664
Note [1]

Personnage assez énigmatique, mais fort réputé de son temps, Georges Hubert, dit le chevalier de Saint-Hubert, avait obtenu de Louis xiv, en 1649, des lettres patentes pour toucher les personnes mordues de bêtes enragées (v. note [1], lettre 460) ou qui craignaient simplement de l’être quelque jour. Retz lui avait donné en 1652 la permission de toucher dans son diocèse, avec la concession de la chapelle de Saint-Joseph dans la paroisse Saint-Eustache. Sa réputation s’étendit ensuite par toute la France.

Mme de La Guette (alias Catherine Meurdrac, 1613-1681) a parlé de lui dans ses Mémoires (Paris, P. Jannet, 1856, édition annotée par M. Moreau pages 200‑201) alors que plusieurs bêtes de son domaine avaient montré des signes de rage après le passage d’un chien errant :

« Je […] pris la résolution de m’en aller le lendemain à Paris pour trouver le chevalier de Saint-Hubert et le prier de me toucher. Comme il est de la race de ce grand saint, il a la vertu d’empêcher la rage, et tous ceux qui sont touchés de lui se tiennent heureux. Le roi même l’a été et toute la cour, ainsi qu’une infinité de personnes du royaume. Je le rencontrai heureusement et lui dis ce qui m’était arrivé. Il m’assura que si j’avais été encore deux fois vingt-quatre heures sans le voir, j’aurais enragé indubitablement. Il me donna ordre de me confesser et de communier le lendemain, et dit qu’il en ferait autant ; que je vinsse le trouver à huit heures et qu’il me toucherait. Aussitôt qu’il m’eut touchée, je le priai de monter en carrosse et de venir chez moi pour toucher tout ce qui y était, c’est-à-dire mes domestiques et mes bêtes. »

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 6 mai 1664. Note 1

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0778&cln=1

(Consulté le 01.10.2022)

Licence Creative Commons