À Johann Daniel Horst, les 3 et 10 février 1667
Note [1]

Le seul Pigreus (ou plutôt Pigræus) à avoir laissé son nom dans les biographies médicales est Pierre Pigray (1531-1613), élève d’Ambroise Paré, qui fut chirurgien des rois Charles ix, Henri iii et Henri iv, et auteur de quelques ouvrages écrits en latin ou en français. Il est peu vraisemblable que le Suédois dont parlait ici Guy Patin fût un de ses descendants.

Le Jac. Horstius que Patin remerciait pour ses vœux ne peut être l’un des Horst cités dans la Correspondance : le seul Jakob qui y figure (v. note [4], lettre latine 86) était mort en 1600. Aucun des autres enfants de Johann Daniel dont j’ai trouvé la trace n’ayant été prénommé Jakob, force est de conclure à un lapsus de Patin, qui voulait parler (comme le prouve la suite de sa lettre) de son ancien auditeur du Collège de France, Georg Horst (v. note [3], lettre latine 98). Après un séjour d’un an à Paris (1664-1665), où son zèle n’avait guère satisfait Patin, il était parti pour Bâle, et y avait très promptement soutenu sa thèse doctorale :

Dissertatio inauguralis de Siriasi. Quam Præside Deo Optimo Maximo pro summis in arte medica Honoribus doctoralibus obtinendis Jussu et Decreto Magnificæ et Nobilissimæ Facultatis Medicæ Basilensis publice ad disputandum die 25 Octobr. anno m dc lxv. proponit Georgius Horstius [Thèse inaugurale sur la Siriase. {a} Le 25 octobre 1665, sous la protection de Dieu tout-puissant, sur l’ordre et la décision de la sublime et très célèbre Faculté de médecine de Bâle, Georg Horst l’a publiquement proposée à la dispute pour obtenir les suprêmes honneurs doctoraux en médecine] (Bâle, Jakob Decker, 1665, une feuille in‑4o, Universitätsbibliothek Basel, cote VD17 23 :697295N ; Husner: Verzeichnis bas. Med. Univ.Schriften, Nr. 1118).


  1. Méningite du nourrisson (v. note [54] de L’Homme n’est que maladie).

La thèse s’ouvre sur cette dédicace :

Viro Magnifico, Nobilissimo, Excellentissimo Dn. Jo. Casparo Bauhino, Philosopho et Medico Celeberrimo, Regis Christianissimi Consiliario, atque in antiqua et florentissima Academia Basiliensi Professori meritissimo, Præceptori et Patrono venerando.

Trigesimus annus elapsus est, cum studiorum primitias Tibi Genitor meus sacras fecit ; sexagesimus vero agitur, quo Genitor Tuus Avo meo mitram Doctoralem imposuit, et eo ipso hujus seculi anno, quo ridente cœlo, magno Reipublicæ Litterariæ commodo, Tu natus es. Tuo autem sub ductu et tutela, ego quoque nunc ad Doctoralem gradum adspiro, ac proinde thesium harum, utut levidensium, oblatione denuo favorem tuum, et Patris et Avi gratia, imploro, cum voto, ut bene valeas, tecumque vigeat Alma hæc studiorum Nutrix, Augusta hæc Academia, ejusque Senatus Inclutus. Ita vovet alumnus et cliens subjectissimus,
Georgius Horstius
.

[À l’excellent, généreux et très célèbre M. Johann Caspar Bauhin, très illustre philosophe et médecin, conseiller du roi très-chrétien et très estimé professeur en l’ancienne et très florissante Université de Bâle, son très vénérable précepteur et protecteur.

Trente ans se sont écoulés depuis que mon père a fait votre auguste connaissance ; et voici soixante ans que le vôtre a posé le bonnet doctoral sur la tête de mon grand-père, et que, la même année, vous naquîtes, sous un ciel serein, pour l’immense avantage de la république des lettres. {a} Et voici maintenant que, sous votre conduite et votre protection, j’aspire moi-même au grade de docteur ; en vous présentant cette thèse, quoique bien mince, {b} j’implore de nouveau votre faveur, par la grâce de mon père et de mon grand-père, avec le souhait que vous jouissiez d’une belle santé, et qu’avec vous, s’épanouissent cette mère nourricière des étudiants, cette auguste Université et son illustre Compagnie. Tel est le vœu de votre très dévoué élève et serviteur, Georg Horst]. {c}


  1. L’amitié de Johann Caspar i Bauhin et de Johann Daniel Horst (né en 1616) s’était liée en 1636. En 1606, Gregor ii Horst, grand-père de Georg, avait reçu le bonnet doctoral à Bâle des mains de Caspar Bauhin, père de Johann Caspar i, qui était né la même année.

  2. Gregor Horst avait quitté Paris le 26 août 1665 (v. note [1], lettre latine 309) : apprêtée en moins de deux mois, sa thèse ne pouvait être que mince et ne devait son existence qu’à l’extrême complaisance du tout-puissant Bauhin.

  3. Le nom de Guy Patin ne se lit nulle part dans la thèse qui suit cette dédicace dénuée de toute originalité.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Daniel Horst, les 3 et 10 février 1667. Note 1

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1455&cln=1

(Consulté le 22.10.2020)

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