Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 20
Note [1]

Sit enim involatarius et depravatus motus, ut vere spasmodes est, regularis tamen sui vera præ se fert indicia, ut ex hac mihi apparuit historia : j’ai librement interprété cette phrase, dont la syntaxe latine est tortueuse, sinon fautive, et où j’ai pris l’adjectif involatarius pour une erreur de transcription, à la place d’involuntarius [involontaire].

Muscles superficiels du corps, les peauciers ou peaussiers s’insèrent à la couche profonde de la peau (derme), pour la mettre en mouvement. Au mot pannicule, Trévoux a résumé les discussions qui ont eu cours à leur propos :

« Tous les anciens anatomistes appellent pannicule charnu, ou membrane charnue, un tégument commun de tout le corps humain, qui en est la quatrième enveloppe après l’épiderme, la peau et la graisse. Ce pannicule charnu, selon eux, est une membrane épaisse qui couvre tout le corps et qui devient même musculeuse en quelques endroits. Mais les anatomistes plus récents prétendent que ce pannicule charnu ne doit point être compté pour une partie contenante, qu’il ne se trouve point dans l’homme, que ce que l’on prend pour le pannicule charnu n’est autre chose que la membrane de la graisse. Les anciens ont donné à ce pannicule l’usage de rider la peau ; mais partout où la peau se ride, il y a des muscles particuliers pour cet effet, ce sont ceux que l’on nomme cutanés. {a} Ils ont dit qu’à la vérité ces muscles faisaient des mouvements particuliers, mais non pas par tout le corps, et qu’on ne les remarquait qu’aux endroits où il n’y avait point de graisse entre le pannicule charnu et la peau, ce qui est faux. D’ailleurs, dans les animaux mêmes qui remuent leur peau, ce pannicule charnu est un muscle cutané, aussi bien que le dartos. » {b}


  1. Peauciers.

  2. Muscle cutané du scrotum chez l’homme.

Le livre cinquième de l’Anthropographie de Jean  Riolan (traduction française, Paris, 1629, v. note [25], lettre 146) n’envisageait même pas l’idée d’un muscle peaucier unique de la face, en consacrant quatre chapitres distincts aux muscles du front (vii), de la paupière (ix), des lèvres (xi) et du nez (xii).

L’observation qui suit allait étayer les justes conceptions des anatomistes modernes en montrant que dans l’hémispasme facial, une moitié du visage (gauche, en l’occurrence) ne se contorsionne pas d’un seul tenant, mais de proche en proche, suivant une séquence où des muscles à fonctions distinctes se contractent l’un après l’autre. Liée à une atteinte du nerf facial (viie nerf crânien), cette maladie évolue par crises, généralement brèves, qui ne s’accompagnent pas de douleurs. Elle peut être idiopathique (v. note [2], lettre 509) ou survenir comme séquelle d’une paralysie faciale périphérique (c’est-à-dire par atteinte du nerf, et non des structures pyramidales, qui sont les centres moteurs hémisphériques cérébraux et leur faisceau de transmission).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 20. Note 1

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(Consulté le 21.09.2020)

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