Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre X
Note [1]

La chylose (ou chylification) était (Furetière) :

« l’action par laquelle les aliments digérés se tournent en chyle. {a} Les médecins tiennent que la chylose se fait par la forme et propriété du ventricule » {b}.

La physiologie moderne ne confère plus à l’estomac (et aux actions de la bouche qui précèdent les siennes) qu’un rôle initiateur dans la première coction (digestion) de la nourriture : il malaxe et acidifie les aliments, {c} en entamant la digestion des protides. {d}

Le chyme intestinal {e} qui en résulte est alors prêt pour les étapes suivantes qui ont lieu dans l’intestin grêle (jéjunum puis iléon) sous l’influence des substances qui s’écoulent dans le duodénum (premier segment du grêle) : bile, produite par le foie, et enzymes digestives, produites par le pancréas. Elles permettent l’absorption des aliments digérés (cuits) : protides et glucides passent directement dans la veine porte pour gagner le foie ; {f} mais les lipides (graisses) donnent naissance au chyle (lymphe digestive) qui court-circuite le foie pour gagner le réseau lymphatique central en empruntant les vaisseaux chylifères. {g}

La définition par Furetière de ce qui se passe dans l’estomac devient aujourd’hui exacte si on y remplace chyle par chyme, et chylose (ou chylification) par chymification (formation du chyme). Cette subtilité, compliquée par la quasi-homonymie entre chyme (χυμος, « suc ») et chyle (χυλος, « sève »), est indispensable à la bonne compréhension des propos de Guy Patin et des auteurs cités dans nos notes sur la digestion des aliment, avec sa distinction en trois types de coctions. {h}


  1. V. note [26], lettre 152.

  2. De l’estomac.

  3. Répartis en protides (protéines), lipides (graisses) et glucides (sucres).

  4. Par la pepsine gastrique, qui prépare le travail des enzymes pancréatiques.

  5. Ou alimentaire ; v. notule {a}, note [36], lettre latine 98, pour le sens général du mot chyme (suc).

  6. V. notule {b}, note [18] de Thomas Diafoirus et sa thèse.

  7. Alors dits lactifères à cause de la ressemblance entre le chyle et le lait, v. note [26], lettre 152)

  8. V. note [1] du chapitre vii de la Conservation de santé pour l’explication détaillée que Jean Fernel en a fournie, dans le vocabulaire du xvie s.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre X. Note 1

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(Consulté le 14.05.2021)

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