Autres écrits : Un manuscrit inédit de Guy Patin contre les consultations charitables de Théophraste Renaudot
Note [10]

À la page 35 de sa Réponse, Théophraste Renaudot déplorait que la Faculté de médecine de Paris refusât de diplômer ses deux fils, Isaac et Eusèbe ; v. note [70] de L’ultime procès de Théophraste Renaudot…, pour la transcription et le commentaire de ce passage : Renaudot y faisait grief à René Moreau d’avoir injurié sa famille, à la page 17 de sa Défense de la Faculté, en citant sans le nommer un « grand homme d’État » qui n’est autre que Cicéron.

Pages 75‑76 de sa Réponse, Renaudot reproche à nouveau à Moreau ses citations :

« Il ne demande point de réponse quand il nous donne des autorités sans coter l’auteur et le passage, comme il lui arrive souvent, de peur de se méprendre, se contentant de ce mots ; un grand homme d’État, un grand jursiconsulte, un auteur des plus doctes et curieux de ce siècle, et tels autres termes généraux. »

Le « grand jurisconsulte » cité par Moreau est l’auteur de la longue et laborieuse citation latine qui est aux pages 42‑43 de la Défense ; l’ignorance de Renaudot était cette fois plus excusable car il s’agissait d’un écrivain moins célèbre que Cicéron, le juriste français Barthélemy de Chasseneuz (Bartholomaeus Cassaneus, 1480-1541), à la page 379 dans son Catalogus gloriæ Mundi [Catalogue de la gloire du Monde], Pars Decima, Trigesima secunda Consideratio [10e Partie, 32e Considération] (Lyon, Georg Regnault, 1546, in‑fo, page 199 vo) :

« Et ideo Doctores in Theologia et Iure Canonico aut Medicina in Universitate Parisiensi præferri debent omnibus aliis Doctoribus in illis scientiis creatis in aliis Universitatibus, reddendo singula singulis, et data paritate in reliquis, cùm illa Universitas sit major, dignior et antiquior omnium Universitatum, maximè Galliæ, et apud nos, et maximè in sacra Theologia quæ semper floruit in dicta Universitate. {a} Et quelque peu après, il ajoute Et apud nos tenetur pro prima et prinicipaliori totius Galliæ Universitate quoad Philosophiam, Theologiam, Medicinam, et cæteras artes, sed non quoad Leges. » {b}


  1. « Et c’est pourquoi les docteurs en théologie, en droit canonique ou en médecine de l’Université de Paris doivent être préférés à tous les autres docteurs en ces disciplines gradués des autres universités, quand on la compare aux autres et en mettant un pied d’égalité entre les autres, puisque cette Université est la plus grande, la plus noble et la plus ancienne de toutes les universités, surtout chez nous en France, et surtout pour la sainte théologie qui a toujours fleuri en ladite Université. »

  2. « Et on la tient chez nous pour la première et principale Université de toute la France en philosophie, théologie, médecine et autres disciplines, mais non pas en droit civil » (page 200 ro).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Un manuscrit inédit de Guy Patin contre les consultations charitables de Théophraste Renaudot. Note 10

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(Consulté le 11.05.2021)

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