À André Falconet, le 27 juin 1651
Note [11]

En 1637, Corfitz Ulfeldt (1606-1664) s’était acquis une haute position auprès du roi de Danemark et de Norvège, Christian iv, en épousant sa fille naturelle, Leonora Chistina ; il avait pu laisser libre cours à ses ambitions de puissance, en dépit de ses piteux échecs politiques et militaires contre la Suède (traité de Bromsebrö, 1645).

À la mort de Christian iv, Ulfeldt avait tout mis en œuvre pour compliquer l’ascension de l’héritier légitime, Frédéric iii, sur le trône (élection du 6 juillet 1648). Fédérant la grogne de la noblesse, Ulfeldt avait obtenu qu’elle se fît sous condition d’une importante restriction du pouvoir royal au profit des intérêts nobiliaires défendus par le Conseil d’État (Rigsraad). Pendant quelques années, le sénateur Ulfeldt avait gouverné le pays sous le titre de majordome.

Frédéric iii mettait alors fin à cette situation d’usurpation effective en profitant d’une suspicion de complot (qui se révéla fausse par la suite) fomenté par une ancienne maîtresse d’Ulfeldt, Dina Winhavers, pour empoisonner la famille royale. Dina fut exécutée et le lendemain, 14 juillet 1651, Ulfeldt préféra fuir le Danemark avec sa famille. Il se réfugia d’abord à Amsterdam puis gagna la Suède pour se mettre au service du roi Charles x Gustave, ennemi héréditaire du Danemark. Une nouvelle guerre scandinave était prête à éclater. V. note [3], lettre 788, pour des détails complémentaires sur Ulfeldt.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 27 juin 1651. Note 11

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(Consulté le 28.11.2020)

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