À Christiaen Utenbogard, le 2 février 1657
Note [11]

À l’article Bezaar (page 90), la Pharmacopœa Ultrajectina décrit les diverses sortes de pierres de bézoard (v. note [9], lettre 5) qu’on trouve chez les pharmaciens, sans un mot sur leurs prétendues vertus thérapeutiques :

Lapis legitimus, et minime adulteratus, levibus, glabris, et friabilibus laminibus constat, sibi quidem ipsis cæparum instar stricte adhærentibus, sed ad visum conspicue distinctis, et interius quidem externæ la minæ colorem, splendorem, et substantiam referentibus. In meditullio concavus est, in quo vel pulvisculus, vel parvum cinereum granulum, vel paleæ tenuis fectuca, vel aliud quippiam simile reperitur. Laudatur inter Orientales, coloris Olivæ. Minor (modo et cæteræ notæ correspondeant) ac mediocris quoque omnium optimus censetur. Inter Occidentales autem, et qui ex Montibus Peruviæ adferuntur, laudatur qui laminis contegitur nunc subalbidis, modo subcinereis, jam obscure virentibus, interdum flavescentis coloris, et qui crustas, seu laminas habet crassiores, et gypseas, festucæ fragmentum in meditullio continens : Is satis magnus est. Nonnulli quoque sunt parvi, subnigri coloris, quorum laminæ (quodammodo exesæ) dum fraguntur aureos fulgores, seu aureas scintillas emittunt ; illi quoque præstantissimi : Falsi vero corticibus destituuntur, dentes inficiunt, et dum franguntur, frusta dura reliquunt, terræ, aut Gypsi more.

[La pierre de bon aloi et fort peu altérée se compose de lamelles fines, sans poils et friables, adhérant certes étroitement les unes aux autres à la manière de celles des oignons, mais bien visibles à l’œil nu ; toutes ses lamelles, de la plus superficielle aux plus profondes, ont la même couleur, le même éclat et la même consistance. Son centre est creux, il s’y trouve soit une fine poudre, soit un petit granule cendré, soit un mince fétu de paille, soit quelque semblable chose. Parmi les bézoards qui proviennent d’Orient, on loue celui dont la couleur est olivâtre ; on estime que celui dont la taille est petite (pourvu qu’il possède toutes les autres caractéristiques susdites), ou moyenne, est aussi le meilleur de tous. Parmi ceux d’Occident et qu’on apporte des montagnes du Pérou, on prise celui qui présente des lamelles tantôt blanchâtres, tantôt grisâtres, verdâtres ou parfois jaunâtres, et qui a des croûtes ou des lamelles plus épaisses et plâtreuses, contenant un petit morceau de paille en son centre ; ce bézoard-là est assez gros. Certains autres sont petits, de couleur noirâtre, et leurs lamelles (plus ou moins rognées), quand on les brise, émettent des éclairs ou des scintillements dorés ; ceux-là sont aussi d’excellente qualité. Les faux bézoards, en revanche, sont dépourvus d’écorces ; ils se fragmentent quand on les mord avec les dents, leur consistance est friable, comme celle de la terre ou du plâtre].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 2 février 1657. Note 11

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1105&cln=11

(Consulté le 16.10.2019)

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