À Vopiscus Fortunatus Plempius, le 8 décembre 1662
Note [11]

L’édition de ces remarques est bien plus tardive : Antibaronius Magenelis seu Animadversiones in Annales Cardinalis Baronii. Cum Epitome Lucubrationum Criticarum Casauboni in Tomi primi Annos 34. Auctore Andrea Magendeo, Ecclesia Benearnensi. Quibus accesserunt quædam ad Baronium Animadversiones Davidis Blondelli [Antibaronius de Magenel ou Animadversions sur les Annales du cardinal Baronius. Avec un résumé des travaux critiques de (Isaac) Casaubon sur les 34 années du tome premier. Par André Magenel, ministre de l’Église de Béarn. À quoi on a ajouté certaines animadversions de David Blondel contre Baronius] (Leyde, Abrahamus Mestrezatius, 1679, in‑fo ; précédente édition à Amsterdam, 1675, même format).

L’épître dédicatoire, datée d’Amsterdam l’an 1675, étant signée Vestri obsevantissimus servus, et frater in Domino Andreas Magenel, Ecclesiasta Benearnensis [Votre très obéissant serviteur et frère dans le Seigneur, André Magenel, ministre béarnais], on pourrait considérer le Magendeo du titre comme une faute d’impression (pour Magenelo) ; mais la dédicace qui suit (1674) est signée A. Magendeus.

Pierre Bayle a disserté sur cet ouvrage dans son article sur David Blondel (note E) :

« Il ne fit pas une affaire de la réfutation de Baronius. On n’a trouvé après sa mort {a} que des Notes qu’il avait écrites sur les marges de son Baronius. Sa manière d’écrire en caractères fort serrés et fort menus fait bien que ces notes-là sont plus nombreuses ; mais enfin, ce n’est point ce qu’on appelle la réfutation d’un auteur. Les magistrats d’Amsterdam achetèrent cet exemplaire de Baronius et le donnèrent à la bibliothèque de leur ville. C’est là que ceux qui veulent connaître ce que c’est que le travail de David Blondel contre les Annales de Baronius peuvent contenter leur curiosité. Un ministre béarnais (nommé Magendie), réfugié à Amsterdam plusieurs années avant la révocation de l’édit de Nantes, {b} dit que les bourgmestres de cette ville l’ayant chargé de ruiner {c} de fond en comble les xii tomes de Baronius, il l’a fait sans peine, par l’assistance de Dieu ; et que non seulement il a copié les notes de David Blondel, selon l’ordre qu’il en avait reçu de ces Messieurs, mais aussi qu’il les a collationnées avec les Annales de Baronius, livre qu’il n’avait jamais vu auparavant ; et que, comme il a découvert des fautes que Blondel n’a point marquées, il a cru qu’il commettrait un péché d’irréligion s’il ne les publiait pas. […] Il publia donc un livre l’an 1675, intitulé : Antibaronius Magenelis, qui contient 140 pages in‑folio. Dans mon exemplaire, le titre ne fait aucune mention de David Blondel ; mais dans le Journal des Sçavans, {d} le titre contient cette queue : Quibus accesserunt quædam ad Baronium animadversiones Davidis Blondelli. D’ailleurs, le titre marque l’an 1679. Ne doutez pas qu’il y ait eu là un tour de supercherie de libraire. Apparemment, on ne vendait point le livre et on s’avisa au bout de quatre ans d’en rafraîchir le frontispice, et d’y promettre merveilles sous le nom célèbre de David Blondel. La vérité est que Blondel n’occupe presque point de place dans ce livre et que si l’on jugeait de ses notes marginales par cet endroit-là, on les mépriserait extrêmement. » {e}


  1. En 1655.

  2. En 1685.

  3. Réfuter.

  4. « Du 10 juillet 1679, page 222 [sic pour 190] » : notule de Bayle.

  5. La mention de Guy Patin, datée de 1662, avait échappé à Bayle, mais ne manque pas d’intérêt historique.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Vopiscus Fortunatus Plempius, le 8 décembre 1662. Note 11

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1257&cln=11

(Consulté le 23.09.2019)

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