À Charles Spon, le 16 avril 1645
Note [12]

Catarrhe est un mot qu’on n’emploie plus guère en médecine : « fluxion et distillation d’humeurs sur le visage, sur la gorge ou sur autre partie du corps. Les catarrhes proviennent ordinairement de chaleur ou de froideur excessives, ou de la réplétion du cerveau, et de la débilité de la partie recevante. Quand ces fluxions tombent sur la gorge ou sur la poitrine, on les appelle rhumes. Ce mot vient du grec catarreô, qui signifie defluo [je coule d’en haut] » (Furetière).

Nysten a fourni plus de détails :

« On pourrait admettre autant d’espèces de catarrhes qu’il y a de membranes muqueuses distinctes. Les principaux sont le catarrhe pulmonaire, le catarrhe de la vessie (cystite), celui de l’oreille (otite). Le catarrhe pulmonaire est une inflammation superficielle des follicules de la trachée-artère et des bronches, susceptible d’envahir assez souvent toute la membrane muqueuse, de l’ulcérer, de se propager au tissu pulmonaire et de devenir la cause de la phtisie appelée muqueuse ou catarrhale. Le catarrhe pulmonaire est, pour l’ordinaire, une affection peu grave, mais sujette à récidive et très susceptible de passer à l’état chronique. Cette maladie est caractérisée par la toux, un sentiment d’ardeur et de picotement dans les voies aériennes, une expectoration d’abord écumeuse, puis opaque et jaunâtre. Elle se termine ordinairement par la guérison. Le catarrhe suffocant est une variété très grave du catarrhe pulmonaire, accompagné de suffocation imminente. »

En termes modernes, le catarrhe pulmonaire évoque : dans sa forme simple, le rhume, la bronchite ou la broncho-pneumonie aiguë ; dans sa forme récidivante, la bronchite chronique ; dans sa forme suffocante, toute forme d’insuffisance respiratoire aiguë (asthme grave, œdème aigu du poumon, pneumonie grave, obstruction du larynx, pneumothorax, etc.).

Guy Patin avait déjà parlé des méfaits du jubilé sur les voies respiratoires des pèlerins (v. note [8], lettre 110).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 avril 1645. Note 12

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(Consulté le 20.09.2019)

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