À Charles Spon, le 20 mars 1649
Note [127]

« triées d’avec les autres plus mauvaises qui seront rejetées et écartées ». V. note [22], lettre 166, pour le premier arrêt du Parlement (25 janvier) contre les mazarinades. Guy Patin annonçait le Jugement de tout ce qui a été imprimé contre le cardinal Mazarin, depuis le 6e de janvier jusqu’à la déclaration du 1er d’avril 1649 (Paris, sans nom, 1649, in‑4o, réédité en 1650), ouvrage communément appelé le Mascurat et dû à Gabriel Naudé, bibliothécaire du cardinal.

Plutôt qu’un simple recueil de bonnes pièces, il s’agit d’un « dialogue entre deux imprimeurs et colporteurs de mazarinades, Mascurat [anagramme de Camusat (v. note [14], lettre 155)] et Saint-Ange [Naudé lui-même]. Sous ce couvert, il [Naudé] y défend chaudement et finement le cardinal son maître, et montre la sottise de tant de propos populaires qui se débitaient à son sujet ; puis, chemin faisant, il y parle de tout. La bonne édition du Mascurat, la seconde, est un gros in‑4° de 718 pages. […] Naudé, si enfoui par le reste de ses œuvres, garde du moins par celle-ci l’honneur d’avoir apporté une pièce indispensable et du meilleur aloi dans un grand procès historique : son nom a désormais une place assurée en tout tableau fidèle de ce temps-là. […] c’est une mine à fouiller ; c’est, pour parler le langage du lieu, une marmite immense d’où, en plongeant au hasard, l’on rapporte toujours quelque fin morceau. »

Malgré tout ce bien qu’en a écrit Sainte-Beuve (Portraits littéraires, Gabriel Naudé, Paris, Robert Lafont, Bouquins, 1993, pages 689‑690), le Mascurat n’a pas été réédité depuis 1650 ; il est disponible sur Gallica.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 20 mars 1649. Note 127

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0166&cln=127

(Consulté le 15.11.2019)

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