À Bernhard von Mallinckrodt, le 1er mars 1646, note 13.
Note [13]

Dieu.

Aucun autre ouvrage de Bernhard von Malinckrodt n’a, à ma connaissance, modifié sa conclusion de 1640 (v. supra note [1]), qui est aujourd’hui tenue pour historiquement authentique et définitive :

Æternitati sacrum.
Quod Terræ Teutonicæ et Apollinei
Regni Decora
Iohannes Faustus Moguntibus,
Ioannes Gutenbergius Argentinas,
Petrus Opilio sive Schæferus Gernsheimensis,
Viri insignes, memorabiles, incomparabiles,
Reip. literariæ illustrandæ, propagandæ, conservandæ
nati divinitusque dati triumviri
sempiternam ad omnem posteritatem gloriam promeriti,
artem typographicam,
qua non alia sub sole melior, utilior, dignior, honoratior
primitus invenerint, promoverint, auxerint, excoluerint, propagarint, dilatarint,
Orbem Christianum eatenus inconspecta et inesperata librorum supellectile.
Imo verius inæstimabilibus divinioris inventi thesauris
Musarum alumnos studiisque deditos
sua ac discipulorum successorumque suorum opera
ditaverint, beatosque, si uti norint, fecerint :
Senatus Populusque Literatorum,
ac tota Germanici nominis Universitas
immortalibus protodædalis,
qui ipsimet arte, et laboriosa industria sua
ære perennis et indemolibile monumentum sibi erexerunt,
in gratitudinis et promeritæ laudis testimonium
divis hominibusque faventibus et applaudentibus
Orbe toto volente, admirante, obstupescente
donec splendidius digniusque
publico nomine ac sumptu erigatur
hoc qualecunque μνημειον a privato
homine poni permiserunt et approbarunt.

Chronographicum
annum, locum, et invetorem
artis typographicæ
continens,
Anno 1635. ante hac impressum.

Vetus et Clara
Moguntia
Invenit
Characteres
fusiles,
Autore
Ioanne Gutenbergio [et] Faustio
.

[Il est consacré pour l’éternité que les fiertés de la terre teutonique et du royaume d’Apollon, Johannes Faustus de Münster, Johannes Gutenberg de Strasbourg, Petrus Opilio, ou Schæferus, de Gernsheim, {a} hommes insignes, mémorables, incomparables, nés pour illuminer, propager et conserver la république des lettres, forment un triumvir divinement doué, qui a mérité la gloire sempiternelle de toute leur postérité, pour avoir le premier inventé l’art de l’imprimerie qui, sous le soleil, n’a pas d’égal en qualité, utilité, gloire et honorabilité. Ils auront promu, accru, cultivé, propagé et étendu la chrétienté par la production de livres, qu’on n’avait ni attendue ni espérée avant eux. Il est plus vrai encore que par les inestimables trésors de leur divine invention ils auront enrichi les compagnons des Muses et ceux qui se vouent aux études par leur propre travail, et par celui de leurs disciples et successeurs, et s’ils savent les utiliser, les auront rendus heureux. En dû témoignage de gratitude et de louange pour ces immortels protodédales {b} qui, par leur art et leur laborieuse industrie, se sont eux-mêmes érigé un monument inderstructible et plus durable que l’airain, avec la bienveillance et sous les applaudissements des dieux et des hommes, le Sénat et le peuple des lettrés, et la totalité du renom germanique ont autorisé et approuvé qu’un homme, en son particulier, établisse ce quelconque mémorial, en attendant qu’au nom at aux dépens du public en soit construit un plus splendide et plus digne, qui traduira la volonté, l’admiration et la stupéfaction du monde entier.

Chronique contenant l’anné, le lieu et l’inventeur de l’art typographique, précédemment imprimé en 1635. {c}

L’antique et célèbre ville de Mayence a découvert les caractères fondus, grâce aux deux Johannes, Gutenberg et Fust].


  1. Johann Fust (Mayence 1400-Paris 1466), marchand et banquier allemand, a financé les travaux de Johannes Gutenberg (Mayence, et non Strasbourg, 1400-ibid. 1468) et de son apprenti, Peter Schoeffer (Gemsheim, Hesse vers 1425-Mayence 1503), aussi appelé Opilio, traduction latine de Schäfer, « berger » en allemand moderne.

    L’association de ces trois hommes a connu maintes vicissitudes, dont un procès qui les désunit à Strasbourg vers 1436, mais c’est à eux, et principalement à Gutenberg, qu’appartient l’invention de l’imprimerie.

  2. Néologisme formé sur les mots grecs πρωτς (prôtos, « de premier rang ») et δαιδαλλος (daidalos, « celui qui travaille avec art »).

  3. Référence curieuse car la Disseration historica de Malinckrodt a été publiée pour la première fois en 1640. Il faut croire qu’il avait rédigé son dithyrambe et l’avait fait imprimer, seul et à part, dès 1635.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Bernhard von Mallinckrodt, le 1er mars 1646, note 13.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1040&cln=13

(Consulté le 17/07/2024)

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