À Charles Spon, le 5 février 1643
Note [14]

Samuel Desmarets (Maresius en latin ; Oisemont, Oise 1599-Groningue 1673) avait étudié la théologie protestante à Saumur sous Gomarus (v. note [7], lettre 100) et Cappel, puis été consacré au synode de Charenton (v. note [18], lettre 146) en 1620 pour recevoir aussitôt l’Église de Laon. Une tentative d’assassinat intentée contre lui l’avait obligé à quitter son poste. L’Académie de Sedan avait appelé Desmarets pour succéder à Cappel et le duc de Bouillon l’avait quelque temps plus tard choisi pour son ministre. Ayant quitté le duc après sa conversion à la religion catholique, Desmarets prit une chaire de théologie et d’histoire ecclésiastique à Groningue (1643). Versé en latin, en grec et en hébreu, parlant l’italien et l’espagnol, ce savant théologien a fait preuve dans ses écrits d’une érudition étonnante, parfois occultée par des préjugés religieux, mis en avant par les controverses qu’il eut à soutenir (telle celle qu’il eut avec le redoutable théologien hollandais Gisbertus Voetius, v. la lettre de Christiaen Utenbogard, datée du 21 août 1656).

Bayle (tome 3, pages 325‑326) a dit « qu’il fit beaucoup de tort aux jansénistes, sans y penser, en déclarant que leurs opinions étaient les mêmes que celles des réformateurs ». {a} Desmarets a publié 104 ouvrages. Celui dont parlait ici Guy Patin est :

Concordia discors et Antichristus revelatus. Id est ill. viri Hugonis Grotii Apologia pro Papa et Papismo : quam prætextu Concordiæ inter Christianos farciendæ, exhibet illius Appendix ad Interpretationem Locorum Novi Testamenti de Antichristo, modeste refutata duobus Libris, per Samuelem Maresium S. Theol. Doctorem et Professorem in Schola Buscoducensi et Eccl. Gallo-Belgicæ ibidem Ministrum. Liber primus.

[Accord discordant et l’Antéchrist révélé. {b} Où Samuel Desmarets, docteur et professeur de théologie sacrée dans le collège de Bolduc {c} et ministre de l’Église franco-flamande de la même ville, réute modestement en deux livres l’Apologie de l’illustre Hugo Grotius pour le pape et le papisme, dont l’appendice interprète des passages du Nouveau Testament sur l’Antéchrist, sous prétexte de contraindre les chrétiens à la concorde. Premier livre]. {d}


  1. V. note [14], lettre 76, pour l’Apologia de Desmarets en faveur des jansénistes (Groningue, 1654).

  2. V. note [4], lettre latine 27.

  3. Bolduc est l’autre nom de Bois-le-Duc, ville du Brabant septentrional, dans les Pays-Bas.

  4. Amsterdam, Iohannes et Jodocus Janssonnius, 1642, 2 volumes in‑8o de 744 pages ; Liber secundus, ibid. et id. 1642, in‑8o de 586 pages.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 5 février 1643. Note 14

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0076&cln=14

(Consulté le 06.10.2022)

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