À Charles Spon, le 19 décembre 1662
Note [14]

« des commentaires et observations de Jean Haultin, très célèbre médecin de Paris ».

L’ouvrage en préparation était les Iacobi Hollerii Stempani, Doctoris Medici Parisiensis omnia Opera practica, doctissimis eiusdem scholiis et observationibus : deinde Ludovici Dureti, Regii Medicinæ Professoris, in eundem enarrationibus, annotationibus, et Antonii Valetii, Doctoris Medici Parisiensis exercitationibus luculentis illustrata : Cum Scholiis doctissimis et singularibus Observationibus D. Ioannis Hautin, Doctoris Medici Parisiensis eximii. Ex Bibl. I.M. Accessit etiam ad calcem libri Therapeia puerperarum Ioan. Le Bon, Medici Regii. Cum Indice Rerum et Verborum locupletissimo… [Œuvres pratiques complètes de Jacques Houllier natif d’Étampes, docteur en médecine de Paris, illustrées par ses très savantes annotations et observations, ainsi que par les commentaires et annotations de Louis Duret, professeur royal de médecine, et par les brillants essais d’Antoine Valet, docteur en médecine de Paris, avec les très savantes scolies et singulières observations de M. Jean Haultin, remarquable docteur en médecine de Paris (v. note [19], lettre 181), tirés de la bibliothèque de J.M. (Jean Merlet ?). On a aussi ajouté à la fin du livre la Thérapeutique obstétricale de Jean Le Bon, médecin du roi. Avec un très riche index des matières et des mots…] (Paris, Jacques Dallin, 1664, in‑fo ; v. notes [10], lettre 11, et [9], lettre 131, pour les précédentes éditions parues à Paris en 1572, par Antoine Valet, et à Genève en 1623, par René Chartier).

Guy Patin a mis la main à l’édition de ce livre et l’a beaucoup vanté à ses correspondants. Il contient :

  • l’épître dédicatoire du libraire à Patin (v. note [4], lettre latine 223) ;

  • les anciennes préfaces de René Chartier, Antoine Valet et Louis Duret ;

  • les deux livres de Morbis internis [des Maladies internes] (pages 1‑576) ;

  • le Libellus de Peste [Opuscule sur la Peste] (pages 577‑582) ;

  • huit commentaires ad Libros Galeni de Compositione medicamentorum [des Livres de Galien sur la Composition des médicaments] (pages 583‑619) ;

  • trois livres de Materia chirurgica [sur la Matière chirurgicale] ou Institutiones chirurgicæ [Institutions chirurgicales] (pages 620‑684) ;

  • la Therapeia pueperarum [Thérapeutique obstétricale] de Joannes Le Bon Heteropolitano, Regis et Reverendissimi Cardinalis Guisi Medico [Jean Le Bon, native d’Autreville(-sur-la Renne, Haute-Marne), médecin du roi et du révérendissime cardinal de Guise)] (pages 685‑693).

Les ouvrages médicaux de référence ont négligé Antoine Valet, mais Gustave Clément-Simon a relaté sa biographie dans ses Curiosités de la bibliographie limousine (Limoges, Ducourtieux et Gout, 1905, pages 205‑206) :

« Antoine Valet naquit à Saint-Junien (Haut-Limousin) de 1530 à 1540, d’autre Antoine Valet et de Catherine Devoyon, de condition modeste.
Il sut se concilier, dès son jeune âge, des protections et des amitiés très profitables. Son compatriote, le R.P. frère Jacques Hugues (Hugo) de l’Ordre de Saint-François, docteur en théologie, prédicateur du roi, fut son mécène. Il semble même qu’il l’avait fait élever à ses frais et conduit jusqu’à l’obtention de son diplôme de docteur en médecine. {a} Jean Dorat, qui se faisait le patron de tous ses compatriotes, lui gagna les sympathies de ses professeurs et autres notabilités. Le célèbre médecin Duret, Belleforest, Élie Vinet, le médecin attitré de la ville de Bordeaux Martial Deschamps, facilitèrent l’établissement et l’élévation de Valet. En quittant les Écoles parisiennes, il s’était d’abord installé dans sa ville natale. L’abbé Vitrac qui lui a consacré une brève notice dans les Annales de la Haute-Vienne de 1813, rapporte qu’il n’y fut pas apprécié selon son mérite et qu’il ne tarda pas à abandonner cette “ ingrate patrie ” pour s’établir à Bordeaux où il réussit parfaitement. L’Université, le parlement, le gouverneur d’Ornano, le duc d’Épernon, l’archevêque Sourdis l’entouraient d’estime et d’égards. Il fut choisi pour professer la médecine et s’acquit une grande autorité. Tout comme le latin qui était alors de connaissance courante, il savait le grec et l’italien. Il a composé des vers latins et français, commenté les ouvrages des sommités médicales et d’après La Croix du Maine “ traduit des livres du grec, du latin, de l’italien et autres langues ”.
Antoine Valet mourut à Bordeaux en 1607. »


  1. Valet fut reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1570 (Baron). Il eut l’honneur, cette même année de déclamer l’Oratio in Scholis Medicorum ante Lincentiatum habita. Qua Medicinæ antiquitas ex antiquissimo Poëtarum Homero obiter et allegorice describitur. Huic accessit Aurati Poetæ Regii Elegia ad observandiss. Patrem F. Iacobum Hugonem, Doctorem Theolog. et Regium Ecclesiastem nec non aliquot ad Medicos Parisienses Epigrammata [Discours (de vespérie) prononcé aux Écoles de médecine avant la licence, qui décrit chemin faisant et allégoriquement l’ancienneté de la médecine, d’après Homère, le plus ancien des poètes. Avec une Élégie du poète oyal doré au très vénérable R.P. Jacques Hugues, docteur en théologie et prédicateur du roi, ainsi que quelques épigrammes en hommage aux médecins de Paris] (Paris, Jean de Bordeaux, 1570, in‑4o).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 19 décembre 1662. Note 14

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(Consulté le 15.10.2019)

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