À Claude II Belin, le 4 novembre 1631
Note [15]

Les Œuvres d’Ambroise Paré, conseiller et premier chirurgien du roi. Huitième édition. Revues et corrigées en plusieurs endroits, et augmentées d’un fort ample Traité des fièvres, tant en général qu’en particulier, et de la curation d’icelles, nouvellement trouvé dans les manuscrits de l’auteur. Avec les portraits et figures tant de l’anatomie que des instruments de chirurgie, et de plusieurs monstres (Paris, Nicolas Buon, 1628, in‑fo, 8e édition ; 1re édition en 1561). Les œuvres proprement dites sont réparties en 26 livres (pages 1‑1144) ; il s’y en ajoute quatre à la fin : Des Distillations (pages 1145‑1176) ; Des Rapports et du moyen d’embaumer les corps morts (pages 1177‑1189) ; Une Apologie, avec les voyages faits par l’auteur (pages 1190‑1228) ; Le Traité des fièvres… (pages 1229‑1320, v. infra note [7], pour l’attribution douteuse de ce traité à Guy Patin).

Fils d’un agriculteur fabricant de coffres, Ambroise Paré (Le Bourg-Hersent, près de Laval, vers 1517-Paris 1590) a été l’illustre restaurateur de la chirurgie française. Rendu par hasard témoin de l’opération de la taille (v. note [11], lettre 33), le jeune Paré se sentit une vocation décidée pour la chirurgie et se rendit à Paris. Aide à l’Hôtel-Dieu pendant trois ans, il fut reçu maître barbier vers 1536. Choisi par René de Montijean, colonel général des gens de pied, pour être son chirurgien, Paré fit plusieurs campagnes en Italie. En 1552, Henri ii le choisit pour son chirurgien ; il exerça ensuite les mêmes fonctions près de François ii, de Charles ix et de Henri iii. En 1554, la Compagnie de Saint-Côme l’honora gratuitement du bonnet de maître chirurgien. En 1575, la Faculté de médecine de Paris commença à chicaner Paré sur ses ouvrages, prétendant qu’il y traitait d’autres sujets que ceux de la chirurgie, et qu’il empiétait sur les droits des médecins. Henri iii le protégea et arrêta les poursuites, ce qui n’empêcha pas qu’on répandît contre lui des libelles violents approuvés par Étienne Gourmelen, doyen de la Faculté (v. note [4], lettre latine 341). Il fut fort occupé à se défendre pendant les dernières années de sa vie (L.‑J. Bégin in Panckoucke et G.D.U. xixe s.).

On trouve encore la trace de cette vieille animosité sous la plume de Patin (v. infra note [16] et note [19], lettre 181), qui accusait Paré de ne pas avoir été l’auteur de tous ses livres. Il est vrai que dans les Œuvres de Paré, la liste des 173 Auteurs recherchés, et cités en ce présent œuvre, dont presque tous (hormis les « auteurs » bibliques) n’avaient alors été publiés qu’en latin, peut laisser perplexe quand on sait que Paré ne maîtrisait pas cette langue. À moins que Paré n’ait appris le latin sur le tard, les seuls livres d’Hippocrate et Galien qu’il a pu lire de son vivant et sans aide sont fort peu nombreux (v. note [6], lettre 6).

Ces réserves étant dites, Patin est convenu qu’« Ambroise Paré mérite d’être lu » (lettre du 30 juillet 1655 à Hugues de Salins, 2e phrase du 4e paragraphe). Il nous a laissé l’une des plus belles maximes en l’art de soigner :

« Je le pansai, Dieu le guérit. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 4 novembre 1631. Note 15

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(Consulté le 08.12.2021)

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