À Charles Spon, le 13 février 1654
Note [15]

Pedro de Castro, né en 1603 à Bayona (Galice), était le fils d’un médecin juif converti au christianisme. Vers 1639, après avoir étudié la médecine et l’avoir exercée en Avignon, il était venu s’installer à Vérone et s’était affiché comme juif sous son vrai prénom d’Ezequiel (Ezechiele en italien). Environ dix ans plus tard, il se reconvertit au catholicisme et prit le surnom de Pedro, sous lequel il signa ses livres à partir de 1650 (Yosef Hayim Yerushalmi, De la cour d’Espagne au ghetto italien… Paris, Fayard, 1987).

Castro était premier médecin du duc de Mantoue, membre du Collège de Vérone et de l’Académie des Curieux de la Nature (v. note [1] de la biographie de Philipp Jakob Sachs von Lewenhaimb) ; il mourut le 14 septembre 1663. Il n’avait alors publié sous le prénom de Pedro qu’un traité intitulé Febris maligna puncticularis aphorismis delineata. Petro a Castro Bayonate auctore [La Fièvre pourprée maligne décrite par aphorismes, par Pedro de Castro, natif de Bayona] (Nuremberg, Endter, 1652, in‑12, édition établie par Johann Georg Volckamer, Universitätsbibliothek Erlangen-Nürnberg ; Padoue, Matthæus Cadorinus Bolzetta, 1653, in‑12 ; première édition à Vérone en 1650).

Le passage « contre l’antimoine » est dans le chapitre xix (pages 175‑176) de la section vii (Pharmacia), Agitur de lenientibus præparantibus, alterantibus, potu aquæ frigidæ, purgante medicamento radicativo, minorativo ; et occasiones exhibendi perpenduntur [Où il est question des préparations lénitives, altérantes, de la boisson d’eau froide, du médicament purgatif radical et minoratif ; et où sont soigneusement évaluées les occasions d’y recourir]. L’auteur recommande les purgatifs doux au début du typhus :

Nam multos invenietis, qui statim ingruente febre, indistincte et sine delectu omnibus exhibent violentissima pharmaca : Ut pulveres Algarotti, Cornachini, crocum Metallorum, Gratiolam herbam, semina Lathyridis, et similia.

[Il est vrai que vous en trouverez beaucoup qui, dès que la fièvre attaque, prescrivent à tous, sans distinction ni jugement, les médicaments les plus violents, comme sont scammonées et préparations d’antimoine : poudre d’algarot, poudre cornachine, safran des métaux, gratiole, graines d’espurge, et semblables remèdes]. {a}


  1. V. notes :
        [11] de Noël Falconet, 60 ans après, pour l’algarot,
        [19], lettre latine 88, pour Marco Cornacchini et sa poudre cornachine,
        [52], lettre 211, pour le safran des métaux,
        [17], lettre latine 351, pour la gratiole,
        [5], lettre 473, pour l’espurge.

Guy Patin a plusieurs fois parlé précédemment du « centon de plus de 200 auteurs » que voulait colliger Jean ii Riolan pour en faire un pamphlet contre l’antimoine.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 février 1654. Note 15

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(Consulté le 07.05.2021)

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