À André Falconet, le 12 décembre 1659
Note [15]

Henri de Baradat (ou Barradas), évêque de Noyon depuis 1626 ne mourut que le 25 août 1660 (Gallia Christiana). Il est beaucoup moins connu que son frère, François, chevalier de Baradat, premier écuyer de la petite Écurie (v. note [295] des Deux Vies latines de Jean Héroard), à qui Tallemant des Réaux a consacré une courte historiette (tome i, pages 339‑340) qui commence par ces mots :

« Il {a} aima Baradat violemment ; on l’accusait de faire cent ordures avec lui ; il était bien fait. »


  1. Louis xiii.

L’entourage du roi, animé par Richelieu et la reine mère, Marie de Médicis, harcelait Louis xiii avec de faux bruits (portant notamment sur l’infidélité de son épouse, Anne d’Autriche) pour le brouiller avec ses favoris (ibid.) :

« Les confesseurs, gagnés, ne lui disaient que ce qu’on leur faisait dire. Ce Baradat n’était qu’un brutal ; il donna bientôt prise sur lui. Le roi ne voulait pas qu’il se mariât, et lui, amoureux de la belle Cressias, fille {a} de la reine, voulut l’épouser à toute force. Le cardinal se servit de l’indignation du roi pour s’en défaire. Le voilà relégué chez lui. »


  1. D’honneur.

Ménage (Menagiana, tome i, page 98) a donné une autre raison à la disgrâce du premier écuyer :

« La faveur de Baradat auprès de Louis xiii ne dura pas plus de six mois, et c’est là que la fortune de Baradat passe en proverbe pour une fortune de peu de durée. Le sujet de la disgrâce de ce favori est fort plaisant. Il était un jour à la chasse avec le roi lorsque le chapeau de ce prince étant tombé, il alla justement sous le ventre du cheval de Baradat. Dans ce moment-là, ce cheval étant venu à pisser gâta tout le chapeau du roi qui se mit dans une aussi grande colère que s’il l’avait fait exprès. Cet accident, qui en aurait fait rire un autre, fut pris en très mauvaise part par le roi, qui commença dès ce temps-là à ne plus aimer Baradat. »

Baradat épousa sa Cressias à Bruxelles en 1632 (Adam). Claude de Saint-Simon, père de Louis, le mémorialiste, succéda à Baradat dans la faveur du roi.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 12 décembre 1659. Note 15

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(Consulté le 17.08.2022)

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