À Charles Spon, les 5 et 7 juin 1652
Note [18]

V. note [11], lettre 17, pour Nicolas Le Jay, premier président du Parlement de Paris de 1630 à 1640.

Jean Béguin (Beguinus, 1550-1620), apothicaire, médecin et chimiste, natif de Lorraine, a fleuri sous le règne d’Henri iv ; il fut gratifié du titre honorifique d’aumônier du roi Louis xiii. Le désir de bien connaître les mines et leur exploitation lui fit parcourir l’Italie, l’Allemagne et la Hongrie. Un des premiers, il mit en ordre les préceptes épars de la chimie. On lui doit de l’avoir sortie des pratiques hermétiques, chères aux alchimistes, en lui donnant la dimension d’une véritable science. Il a, entre autres, donné la première description d’une méthode exacte et bonne pour préparer le mercure doux. Son manuel de chime est considéré comme le précurseur des traités raisonnés de chimie : Tyrocinium chymicum, e naturæ fonte et manuali experientia depromptum [Apprentissage de la chimie, tiré des sources de la nature et de l’expérience manuelle (manipulations)], a connu de très nombreuses éditions entre 1608 à 1669 (O. in Panckoucke). Il a été traduit en français sous le titre des Éléments de chimie de Maître Jean Béguin (dont quatre éditions sont disponibles sur Medic@.

Le premier médecin du roi était alors François Vautier ; on apprend ici qu’il aurait été valet de Béguin.

Bayle a fulminé contre tout ce qu’avançait ici Guy Patin sur le nouvel archevêque de Toulouse :

« La famille de Marca doit son origine à Garsias de Marca, qui commandait la cavalerie de Gaston, prince de Béarn, au siège de Saragosse, l’an 1118. Ses descendants s’attachèrent à la profession des armes, mais on trouve, environ l’an 1440, un Pierre de Marca, bon jurisconsulte qui, après avoir été le procureur général du prince son maître dans tous ses États, fut fait président de ses conseils. J’ai lu dans un livre qui fut imprimé du temps de la Ligue, qu’un de Marca, second président au parlement de Pau, ne put jamais être reçu ou remis en son état […] qu’il n’eût fait la protestation ordinaire contre la messe, et ce avec la profession de la foi calvinienne ordonnée par la feu reine de Navarre, mère d’Henri le Grand. {a} Ceci réfute Guy Patin, qui assure que notre M. de Marca était de bas lieu. Rapportons ce passage : il contient bien des mensonges ; car, pour ne rien dire du reste, il est faux que ce prélat ait jamais été ni ministre, ni jésuite. Nous aurons ici un exemple des faux bruits qui courent contre les grands ; on ne saurait trop ramasser de ces exemples, afin d’accoutumer un peu le monde à l’esprit d’incrédulité à cet égard. »


  1. Henri iv.

Il est curieux de voir Patin s’attaquer avec autant de virulence à un zélote du gallicanisme antiromain. Il demeure vrai que devenu veuf, Pierre de Marca quitta la magistrature pour devenir évêque de Conserans en 1642.

Avec quelques altérations, ce passage, depuis « On nous apprend ici… » jusqu’à la fin du paragraphe, forme le début d’une lettre, datée du 28 juin 1652, adressée à Charles Spon dans Bulderen (lxix, tome i, 197‑199), mais à André Falconet dans Reveillé-Parise (ccccvi, tome iii, 3‑5).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, les 5 et 7 juin 1652. Note 18

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0288&cln=18

(Consulté le 13.07.2020)

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