Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : ii
Note [19]

V. supra note [12], pour Jacques Grévin et son livre sur les Venins. Guy Patin se référait ici à son paragraphe intitulé Intérêt de la police (page 322) :

« Je désirerais en cet endroit que le magistrat, lequel a l’entretien de la police en charge, tînt la main {a} à ceci : à celle fin que le chemin fût coupé à ceux, lesquels par le moyen de cette drogue peuvent plus aisément mettre leur mauvaise volonté en exécution, car il n’y a poison par lequel on puisse plus couvertement empoisonner un homme, soit ayant égard à sa quantité, soit ayant égard à sa qualité, d’autant que la grosseur d’un pois suffira pour tirer l’âme d’un corps ; et n’ayant aucun goût ni odeur, elle ne s’apercevra pas sitôt étant mêlée parmi quelques confitures, ou parmi du vin, ou dans un potage. Bref, il ne se trouve point un boucon {b} duquel on se puisse plus traîtrement aider que de cestui-ci. Que vous servira donc, Messeigneurs, d’avoir défendu aux apothicaires de bailler du sublimé ou de l’arsenic, {c} si vous permettez et si, par connivence, vous donnez la main à cestui-ci ? » {d}


  1. Tenir la main : « prendre garde, avoir soin de l’exécution de quelque chose » (Furetière).

  2. Mot italien (boccone, bouchée) adopté en ancien français dans le sens exclusif de « mets ou breuvage empoisonné » (Littré DLF).

  3. V. notes [13], lettre 274, pour le sublimé, et [4], lettre latine 371, pour l’arsenic.

  4. Si vous lâchez la bride à celui-ci (l’antimoine).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : ii. Note 19

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(Consulté le 19.09.2021)

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