À André Falconet, le 26 octobre 1655
Note [2]

Il est question de la rousseur dans deux observations du livre ii des Epidemiorum et Ephemeridum libri duo… [Deux livres des Épidémies et des Éphémérides…] de Guillaume Baillou (v. note [3], lettre 48).

  1. Constitutio autumnalis anni Domini 1577 [Constitution automnale de l’an 1577] (page 205, paragraphe sous-titré en marge Humor qui in rufis abundat, aliquid habet virulentis [L’humeur qui abonde chez les roux a quelque chose de venimeux]) :

    Macæus olim D. Crassi servus, biliosus, rusus ; ad Mensem Martium doluit latus, febricitavit. Humoris impetus furibundus vix sedari potuit. Malum artem vincebat, et remedia fere eludebat. Quicumque rusi sunt, morbis vix liberantur. Humor enim qui in eis abundat, habet aliquid virulenti. […] Et morbi magis formidolosi sunt, quicunque eos adoriuntur, et Medici prudentiores cautioresque esse debent.

    [Au mois de mars, Macé, jadis valet de Me Cras, bilieux et roux, a été affecté d’une douleur au côté avec de la fièvre. On a difficilement pu contenir le mouvement impétueux de l’humeur. Le mal surpassait les ressources de l’art et se jouait presque des remèdes. Il est presque impossible de guérir tous les roux. L’humeur qui abonde en eux a en effet quelque chose de venimeux. (…) Toutes les maladies qui les affectent sont fort effrayantes, et les médecins doivent n’en être que plus prudents et circonspects].

  2. Constitutio æstiva anni Domini 1578 [Constitution estivale de l’an 1578] (page 245, Corpora ruforum et lentiginosorum tetra bile abundant [Les corps des roux et de ceux qui sont couverts de taches de rousseur abondent en mauvaise bile]) :

    In Hieremia Tonsoris servo multa observanda fuerunt. Primum erat lentiginosus, et rusus. Ea corpora tetra quadam bile abundant. Et qui humor dominatur, et morbum facit, vix coctionem admittit. Sedari non potuit febris. Hemicraniæ erat obnoxius. Eius ergo guaiaco usus fuerat. Et decoctum hoc siccitatem, et squalorem summam induxerat. Febris assidua. Undecimo die dysenteria a prava bile. Non est allevatus. Macruit omnino. Et tandem in maciem adductus ad diem 24. interiit. Pulmones sunt deprehensi putres. Intestinorum corpus vitiatum erat.

    [Il y a eu beaucoup à observer bien chez Jérémie, valet d’un barbier. D’abord, il était roux et couvert de taches de rousseur. Une mauvaise bile funeste abonde en ces corps ; humeur qui règne en maître et provoque la maladie, dont elle gêne la coction. On n’a pas pu calmer la fièvre. Il était affligé d’une migraine. On avait donc fait usage du gaiac, mais cette décoction avait provoqué une sécheresse et beaucoup de souillure. Une fièvre continue s’installa, avec dysenterie au onzième jour, par mauvaise bile. Il ne s’en releva pas, il se dessécha entièrement et enfin, plongé dans le marasme, il mourut le 24e jour. On lui a trouvé les poumons pourris et la masse des intestins corrompue].

Furetière a bien vu clair dans ces bévues en disant : « On tient que Judas [v. note [2] de l’Introduction au Borboniana manuscrit] était rousseau, c’est pourquoi on hait beaucoup les rousseaux » (ce que Guy Patin a confirmé dans la lettre suivante).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 26 octobre 1655. Note 2

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0422&cln=2

(Consulté le 14.05.2021)

Licence Creative Commons