À André Falconet, le 9 mars 1661
Note [2]

Mme de Motteville (Mémoires, page 505) :

« Un peu avant que de mourir, il appela Colbert, {a} son domestique, et lui parla de quelque chose touchant ses affaires, de la même manière que s’il eût été en sant. Il envisagea la mort avec une telle fermeté qu’il dit à M. Joly {b} qu’il avait du scrupule de ne la pas assez craindre. Son agonie augmentant, il dit à un de ses valets de chambre, nommé Bernoin, en tâtant son pouls lui-même : “ Je souffrirai encore beaucoup. ” À deux heures après minuit, il se remua un peu dans son lit et dit : “ Quelle heure est-il ? il doit bien être deux heures. ” M. Joly et Bernoin dirent alors entre eux, tout bas, qu’il irait bien encore jusqu’à dix heures du matin. Le malade ensuite demeura environ une demi-heure à prier Dieu, et souffrant. Alors il passa, en disant : “ Ah ! Sainte Vierge, ayez pitié de moi et recevez mon âme. ” Il expira entre deux et trois heures du matin, le 9 mars. » {c}


  1. Mazarin appela Jean-Baptiste Colbert, le futur ministre, qui était alors l’intendant de sa Maison.

  2. L’abbé Claude Joly, curé de Saint-Nicolas-des-Champs (v. note [14], lettre 678).

  3. L’Histoire a retenu la date indiquée par Mme de Motteville, certainement mieux informée là-dessus que Guy Patin. Le cardinal, né le 14 juillet 1602, était dans sa 59e année.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 9 mars 1661. Note 2

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(Consulté le 29.10.2020)

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