À Christiaen Utenbogard, le 2 février 1657
Note [2]

Théologastre, ou théologâtre : mauvais théologien (La Curne de Sainte-Palaye). Ce mot suit la construction classique des péjoratifs (avec le suffixe latin tardif aster, « âtre » en français) et appartient au néolatin (theologaster, theologastrus) et a probablement été forgé par Luther, qui l’a employé dès 1518 (selon l’Oxford English Dictionary). Guy Patin l’a plus vraisemblablement lu chez Érasme, dans son adage 870, Elephantus non capit murem [Un éléphant n’attrape pas de souris], pour dire qu’un être supérieur ne s’offusque pas des bassesses venues de ses inférieurs :

Id adagionis hac tempestate nimis ridicule usurpatur a philosophastris istis ac theologastris, si quando Latinæ Græcæque linguæ inscita fœdissime labuntur, quod fere nusquam non faciunt.

[Cette manière d’adage est aujourd’hui du plus haut ridicule dans la bouche des philosophâtres et des théologâtres, quand il leur arrive, par ignorance du latin et du grec, de chuter lamentablement dans l’erreur, comme ils ne manquent presque jamais de faire].

V. la lettre de Christiaen Utenbogard, datée du 21 août 1656, pour les querelles sur le puritanisme qui agitaient les théologiens d’Utrecht, et avaient brouillé Gisbertus Voetius et son disciple Marten Schoock. Des lettres ultérieures apprennent que cette lettre et les livres qui l’accompagnaient avaient été délivrés à Patin, par Antonis Schoock, frère de Marten (v. notes [6], lettre latine 107, et [3], lettre latine 183).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Christiaen Utenbogard, le 2 février 1657. Note 2

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(Consulté le 11.05.2021)

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