À Johann Georg Volckamer, le 6 juillet 1668
Note [2]

« fripons vêtus de soie » ; George Buchanan, De Jure regni apud Scotos, Dialogus [Dialogue (entre l’auteur et son ami Thomas Maitland) sur les pouvoirs de la Couronne chez les Écossais] (v. note [7], lettre 470 ; édition d’Édimbourg, 1580, page 43) :

Ecquid tibi nunc humiliter et contemptim de rege sentire videor ? Et eum (quod nuper dicebas) oneratum compedibus in legum ergastulum compingere ? An non potius in lucem et hominum cœtus, et publicum humani generis theatrum eum produco ? Non superbo spiculatorum et μαχαιροφορων coetu, sericatisque nebulonibus stipatum ; sed sua tutum innocentia ; nec armorum terrore, sed populi amore munitum : nec modo liberum et erectum, sed honoratum, sed venerabilem, sacrosanctum, et augustum : cum bonis omnibus et faustis acclamationibus prodeuntem ; et quocunque progrediatur, omnium ora, oculos, et animos in se convertentem. Quæ ovatio, quis triumphus cum hac pompa quotidiana comparari potest ?

[Te semble-t-il que je parle de la royauté avec bassesse et mépris ? Ou (comme tu as dit tout à l’heure) que je barbouille le roi en lui entravant les pieds et en le jetant dans un cachot de haute justice ? Ou plutôt que je l’exhibe publiquement, en pleine lumière, dans le théâtre des comédies humaines ? Ce qui garantit sa sécurité est sa propre immunité, mais non l’insolente compagnie de ses lanciers et de ses spadassins, ou de ses fripons vêtus de soie. Il est protégé par l’amour de son peuple, et non par la terreur qu’inspirent ses armes. Il ne jouit pas seulement de la liberté et de la souveraineté : on l’honore, on le vénère, on le sanctifie, on le glorifie. Quand il se montre, on le couvre de joyeuses acclamations et de beaux discours. Où qu’il aille, les visages, les yeux et l’attention de tous se tournent vers lui. Quelle ovation, quel triomphe peuvent-ils se comparer à ce faste dont il bénéficie tous les jours ?]

Avec sa courte référence à Buchanan et sous prétexte de dénoncer la fragilité de la paix, Guy Patin exprimait, juste avant d’en venir à son fils Charles, sa hargne contre le pouvoir du roi et des courtisans à qui il attribuait, non sans raison, les graves ennuis qui s’accumulaient alors sur lui (v. les Déboires de Carolus).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Georg Volckamer, le 6 juillet 1668. Note 2

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(Consulté le 27.11.2020)

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