Annexe : Thomas Diafoirus et sa thèse
Note [2]

Guy Patin en a parlé, sans la nommer, au début de sa lettre à André Falconet du 14 janvier 1671 (note [1]).

Thomas Diafoirus apparaissait pour la première fois sur scène quelques mois seulement après la nomination du chirurgien Pierre Dionis (Paris 1643-ibid. 1718) comme démonstrateur d’anatomie au Jardin royal des Plantes. Dionis en a loué et remercié Louis xiv dans l’Épître Au roi de son Anatomie de l’homme suivant la circulation du sang, et les dernières découvertes, démontrée au Jardin royal. Par Mr Dionis, premier Chirurgien de Madame la Dauphine [Marie Anne Christine de Bavière, épouse du grand dauphin, Louis de France], Chirurgien ordinaire de la feue Reine [Marie-Thérèse d’Autriche, morte en 1683], et Juré de Paris (Paris, Laurent d’Houry, 1690, in‑8o, pour la première de très nombreuses éditions et traductions) :

« Ces illustres Académies protégées et fondées par Votre Majesté, en seront des monuments aussi durables que la mémoire de ses triomphes, et s’il faut descendre à des choses de moindre éclat, quoique peut-être plus utiles, ces Écoles d’Anatomie ouvertes si libéralement à tout le monde, contribueront encore à faire passer jusqu’aux siècles les plus reculés, les soins paternels dont Votre Majesté est occupée. C’est à cet établissement, SIRE, que la Médecine et la Chirurgie doivent leurs lumières les plus parfaites. C’est là que la Circulation du sang et les nouvelles Découvertes nous ont heureusement désabusés de ces erreurs dont nous n’osions presque sortir, et où l’autorité des Anciens nous avait si longtemps retenus. Monsieur D’Aquin, votre premier Médecin, {a} m’ayant choisi pour démontrer à votre Jardin royal {b} les Vérités Anatomiques, je m’acquittai de cet emploi avec toute l’ardeur et toute l’exactitude qui sont dues aux ordres de Votre Majesté, mais j’ai cru, SIRE, que pour répondre entièrement à votre intention, je devais rendre publiques par l’impression mes Démonstrations d’Anatomie, afin qu’elles pussent devenir utiles à ceux même à qui l’éloignement des lieux n’a pas permis d’y assister. Votre Majesté a paru approuver ce dessein, elle a bien voulu m’accorder la permission de mettre son Nom auguste à la tête de cet Ouvrage ; j’ose donc, SIRE, le lui présenter, trop heureux que mon faible talent m’ait donné une occasion de lui marquer le zèle ardent, et le profond respect avec lequel je suis, SIRE, de Votre Majesté, le très humble, très obéissant, et très fidèle serviteur et sujet,
Dionis. »


  1. Antoine D’Aquin, nommé premier médecin de Louis xiv en 1671 (v. note [4], lettre 666).

  2. V. note [4], lettre 60.

Les Annales du Muséum national d’Histoire naturelle, par les professeurs de cet établissement (Paris, Levrault, 1803, tome second, page 14) ont fourni d’intéressantes précisions sur la conséquence de l’installation de Dionis pour sa rivale, la Faculté de médecine :

« Ce fut probablement pour favoriser les travaux anatomiqyues, repris en 1672, que D’Aquin obtint, le 20 janvier 1673, une déclaration du roi, laquelle maintenant les professeurs du Jardin dans le droit de faire audit lieu toutes opérations chirurgicales, dissections et démonstrations anatomiques, ordonne qu’à cet effet le premier corps criminel leur soit délivré par préférence à tout autre, même aux doyen et docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris, nonobstant tous privilèges à ce contraires ; […] à la charge que lesdites démonstrations seront faites gratuitement et en la manière accoutumée. Cette déclaration fut signifiée le 26 février suivant à la Faculté qui y forma opposition et produisit un long mémoire dans lequel ses motifs étaient développés. Mais l’ordonnance, qui avait été provoquée par le premier médecin, fut maintenue et eut son exécution. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Thomas Diafoirus et sa thèse. Note 2

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(Consulté le 26.11.2020)

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