Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 17
Note [2]

Les escarres sont des plaques, généralement arrondies, de nécrose cutanée survenant aux points où la peau est naturellement comprimée, comme le siège, les talons, les épaules ou les coudes chez un patient alité. Elles sont favorisées, comme ici, par les états d’extrême faiblesse avec dénutrition et profond amaigrissement (cachexie).

La description évoque en tout premier un cancer (squirre) du pylore (v. note [1], lettre 330) au stade terminal, maladie dont on trouve une belle description par Le Clerc, médecin de Toul, dans sa lettre du 11 mars 1657. La présente observation associe en effet :

  • des douleurs intenses et rebelles de l’épigastre ;

  • une tuméfaction tumorale des hypocondres, plus développée du côté gauche ;

  • des vomissements continuels, témoins d’une intolérance alimentaire absolue aux solides et aux liquides, traduisant un blocage de l’évacuation gastrique par occlusion du pylore ;

  • une hémorragie digestive (v. note [1] de la Consultation 11) avec vomissements noirâtres (sang partiellement digéré par la sécrétion gastrique acide et la pepsine qu’elle contient) et selles noires (méléna) ;

  • une fièvre prolongée et des œdèmes erratiques des membres, qui peuvent correspondre à la survenue de multiples thromboses veineuses (phlébites) ou (moins probablement) à une polyarthrite, qui sont autant de possibles phénomènes satellites (dits paranéoplasiques) du cancer de l’estomac ;

  • l’état de marasme avec déshydratation (soif intense), cachexie et escarres.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 17. Note 2

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(Consulté le 04.06.2020)

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