À Charles Spon, le 16 novembre 1643
Note [21]

« sur les démoniaques » : Iulii Cæsaris Vanini Neapolitani, theologi, philosophi, et iuris utriusque doctoris, De admirandis naturæ reginæ deæque mortalium Arcanis libri quatuor [Quatre livres de Giulio Cesare Vanini de Naples, théologien, philosophe, et docteur en l’un et l’autre droits, sur les admirables Secrets de la nature, reine et déesse des mortels] (Paris, Adrien Périer, 1616, in‑8o).

L’ouvrage, dédié au maréchal de Bassompierre, est composé de 60 dialogues entre Alex. et I.C. [Iulius Cæsar Vaninus]. Le 54e, De Dæmoniacis (pages 404‑409), est le commentaire d’un texte de Jérôme Cardan, avec ces quelques conclusions :

  • je me soumets à la Église sainte et sacrée de Rome, mais suis d’avis que la possession est un dérangement du cerveau lié à un excès d’humeur mélancolique ;

  • elle frappe surtout des jeunes filles nubiles et des veuves, mais n’affecte ni les philosophes, ni les théologiens ;

  • les énergumènes sont les fruits la religion catholique, il n’en existe ni en Allemagne, ni en Angleterre, il y en a quelques-uns en France mais beaucoup en Italie et en Espagne ;

  • la raison permet d’expliquer toutes les supercheries démoniaques, et les médicaments purgatifs les guérissent.

Giulio Cesare, Vanini (Taurisano, Pouilles 1584-Toulouse 1619), médecin, philosophe, théologien, juriste en droit civil et canonique, astrologue et enfin prêtre, a été l’un des fondateurs du libertinage érudit en Italie. Son premier livre fut l’Amphitheatrum æternæ providentiæ divino-magicum, christiano-physicum, necnon astrologo-catholicum. Adversus veteres philosophos, atheos, epicureos, peripateticos et stoicos [Amphithéâtre de l’éternelle providence, magico-divin, physico-chrétien et aussi astrologo-catholique. Contre les anciens philosophes, athées, épicuriens, péripatéticiens et stoïciens] (Lyon, Antoine de Harsy, 1615, in‑8o). Peu après, Vanini se rendit à Paris où il se fit un grand nombre de disciples, devint aumônier du maréchal de Bassompierre et publia ses De admirandis… La Sorbonne censura cet ouvrage fort imprégné d’athéisme et Vanini s’en alla à Toulouse (1617), où ses idées jugées subversives le menèrent au supplice : on le condamna à avoir la langue coupée avant d’être brûlé, ce qui fut exécuté avec grande cruauté le 9 février 1619 (v. note [3], lettre latine 27).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 novembre 1643. Note 21

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(Consulté le 14.07.2020)

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