À Charles Spon, le 11 janvier 1650
Note [21]

Mme de Motteville (Mémoires, page 322), sans évoquer le dessein qu’aurait eu Anne d’Autriche de quitter à nouveau la capitale, a décrit son exaspération :

« D’autre côté, la reine et son ministre, lassés de la domination de M. le Prince, le regardaient comme l’usurpateur de l’autorité royale, et comme un prince qui était à craindre par sa hauteur et par son ambition. L’affaire de Jarzé, {a} le Pont-de-l’Arche, {b} le mariage du duc de Richelieu {c} et son aversion pour le mariage de la nièce du cardinal {d} avaient tellement comblé la mesure que la reine ni son ministre ne pouvaient plus souffrir cette grandeur si formidable qui, selon les apparences, pouvait devenir dangereuse à l’État. Elle était de mauvais augure, au moins pour le ministre en son particulier ; et par cette raison, le cardinal Mazarin entra volontiers dans toutes les propositions de ses ennemis. Il crut que ce qu’il devait au roi et ce qu’il se devait à lui-même l’obligeaient de mettre des bornes à la puissance de ce prince qui n’en voulait plus avoir sur aucun sujet. »


  1. V. note [16], lettre 209.

  2. V. note [44], lettre 197.

  3. Vsupra note [12].

  4. Projet que Guy Patin a évoqué plus haut dans sa lettre.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 11 janvier 1650. Note 21

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(Consulté le 23.04.2021)

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