À Claude II Belin, le 4 novembre 1631
Note [23]

Anuce Foës (Foesius, Metz 1528-ibid. 1595) étudia les langues anciennes (et tout particulièrement le grec) et la médecine. Ses maîtres de la Faculté de médecine de Paris (où il ne dépassa pas le grade de bachelier) furent Houllier, Goupil, Fernel, qui virent en lui celui qui pourrait venir à bout d’une édition moderne et complète des œuvres d’Hippocrate. Foës s’attela à la tâche, mais dut l’abandonner vers 1556 pour retourner à Metz afin d’y gagner sa vie en exerçant la médecine. Ses compatriotes lui accordèrent la place de médecin public de la ville. Il leur témoigna sa reconnaissance en refusant les invitations de plusieurs princes étrangers qui lui firent des offres brillantes pour l’attirer à leur cour. Tout son temps, jusqu’à sa mort, fut dès lors partagé entre l’exercice de la médecine et la méditation des œuvres d’Hippocrate. Ses laborieux et constants efforts prirent une grande part dans la chute de l’arabisme et le retour au purisme hippocratique, c’est-à-dire le rétablissement de la méthode d’observation et de déduction en médecine, à laquelle les médecins semblaient avoir tout à fait renoncé depuis plusieurs siècles (A.–J.-L. Jourdan in Panckoucke).

Parmi sa volumineuse production hippocratique, l’ouvrage que Guy Patin appelait ici « les petits commentaires de Foës » {a} est son :

Œconomia Hippocratis, alphabeti serie distincta, in qua dictionum apud Hippocratem omnium, præsertim obscuriorum, usus explicatur, et velut ex amplissimo penu depromitur : ita ut Lexicon Hippocrateum merito dici possit. Anutio Fœsio Mediomatrico Medico, Authore

[Économie d’Hippocrate, rangée dans l’ordre alphabétique, où est expliqué l’emploi chez Hippocrate de toutes les expressions, surtout les plus obscures, et à la manière dont on puise dans un gigantesque garde-manger ; au point qu’on puisse à juste titre le nommer Lexique hippocratique. Par Anuce Foës, natif de Metz]. {c}


  1. Sans doute pour dire qu’ils étaient brefs (mais loin d’être négligeables).

  2. Francfort, héritiers d’Andreas Wechelus, Claudius Marnius et Io. Aubrius, 1588, in‑fo de 704 pages ; réédité à Genève en 1662, v. note [3], lettre latine 209.

Cet somme d’immense érudition et de grande utilité réunit tous les termes obscurs ou équivoques qu’on rencontre dans le vocabulaire d’Hippocrate, pour en éclaircir le sens, non seulement d’après les meilleurs manuscrits, mais encore avec le secours des ouvrages qui nous restent de tous les autres écrivains de l’ancienne Grèce.

Son édition des œuvres complètes d’Hippocrate, en grec et latin (parues en 1595, v. note [6], lettre 68) a longtemps servi de référence.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 4 novembre 1631. Note 23

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0007&cln=23

(Consulté le 09.12.2022)

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