Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium
Note [23]

La « Méthode pour remédier » de Galien est composée de 14 livres, dont Guy Patin tirait deux références (ici traduites du grec).

  • Livre iii, chapitre ii (Kühn, tome x, page 171) :

    Vidisti porro non minus oculorum nos gravissimos dolores sanare aut balneo aut vini potione aut fomentis aut sanguinis missione aut purgatione, quibus nihil aliud adhibet medicorum vulgus quam medicamenta hæc, quæ ex opio et mandragora et hyoscyamo fiunt, maximam plane oculorum perniciem, utpote quæ nulla re alia sublati ad præsens doloris speciem præstant, quam quod ipsum sensum enecant.

    [Vous avez en outre vu que nous n’en guérissons pas moins les plus graves douleurs des yeux par le bain, la boisson de vin, les fomentations, la saignée ou la purgation. Le commun des médecins n’y emploie pourtant rien d’autre que ces remèdes qu’on tire de l’opium, de la mandragore et de la jusquiame, qui mettent les yeux en très grand péril : ils suppriment la douleur dans l’immédiat, mais sans agir autrement qu’en anéantissant les sens].

  • Livre xii (et non xiii), chapitre viii et dernier (Kühn, tome x, pages 868‑869) :

    Quod si imponi cataplasma aliquando oportebit, papaverum capitibus in aqua coctis ac fœnigræci vel hordei vel lini seminis farina aquæ immissa cataplasma conficies. Scire autem licet medicamentum, quod castoreum recipit, non solum aurium sedare dolorem, sed etiam oculorum et dentium, si auribus instilletur. Jam vero collyria, quæ ex opi fiunt, vehementissimos oculorum dolores remittere omnes norunt. Utendumque, ut diximus, his est, quum maxima necessitas urget, illud minime ignorantibus, partes ipsas nonnihil lædendas, imbecillioresque in reliquam vitam ex refrigeratione futuras, cæterum saluti hominis in præsens ipsam futuram postea noxam posthabentibus. Siquidem non paucos eorum, qui his sunt usi, eo infirmitatis venisse ut alii fere nihil omnino viderent, alii propemodum surdi forent, id omnibus jam notum est. Itaque nos si quando cogimur his uti, postmodum in sanitatis tempore partes ipsas excalefacimus, nempe auribus oleum id quod solum castoreum habet infundentes, oculis vero collyria, quæ tantum calefaciant, ad quod scilicet munus maxime id probamus, quod ex cinnamono conficitur.

    [S’il faut parfois appliquer un cataplasme, vous le préparerez en cuisant dans l’eau des têtes de pavot cuites, puis en y mélangeant de la farine de fenugrec, {a} d’orge ou de lin. On peut aussi savoir qu’un médicament, qui porte le nom de castoréum, apaise non seulement la douleur des oreilles, mais encore des yeux et des dents, s’il est instillé dans les oreilles. Les collyres à base d’opium sont enfin réputés soulager toutes les douleurs les plus vives des yeux. Comme nous avons dit, il ne faut les utiliser qu’en cas de pressante nécessité ; l’ignorer, si peu que ce soit, c’est exposer les parties atteintes à des lésions non négligeables et à demeurer plus faibles pendant tout le restant de la vie, quand elles seront exposées au froid ; mais on peut préférer le soulagement immédiat du malade à ce futur inconvénient. C’est ainsi, comme tout le monde sait, que bon nombre de ceux qui ont reçu ces collyres ont été frappés d’infirmité, comme de ne presque plus voir clair ou de devenir à peu près sourd. C’est pourquoi, quand nous pensons à les utiliser, nous échauffons les parties affectées dès qu’elles ont guéri : en versant dans les oreilles cette huile qui ne contient que du castoréum, mais en appliquant sur les yeux des collyres qui ne font que réchauffer, effet pour lequel nous avons surtout trouvé bon celui qu’on prépare avec de la cannelle].


    1. V. note [3], lettre 490.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium. Note 23

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(Consulté le 22.10.2019)

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