À Charles Spon, le 3 septembre 1649
Note [24]

Journal de la Fronde (volume i, fos 87 vo et 88 ro) :

« Le premier du courant, {a} le Parlement s’assembla pour la mercuriale, {b} où Messieurs des Enquêtes ayant dit à M. le premier président qu’il y avait longtemps qu’il les traînait pour une assemblée qu’ils avaient d’autant plus de sujet de demander qu’il s’agissait de l’intérêt public et de celui de leurs confrères ; à quoi le premier président répondit que les affaires des provinces étaient accommodées ; et le président de Mesme ayant ajouté qu’on s’était obligé par la déclaration à ne s’assembler plus, le conseiller Coulon {c} lui repartit que cela était faux, ce qui obligea ce président à quitter l’assemblée et s’en aller avec le président Le Bailleuil à la buvette où, la Compagnie les ayant envoyés prier de revenir, ils s’y résolurent peu après et l’on ouvrit le paquet que M. Loisel avait reçu de Provence il y a trois semaines ; {d} mais l’ordinaire de Provence étant arrivé au même temps avec la nouvelle de l’accommodement, on envoya promptement le paquet du roi au premier président, qui fit voir par ce moyen comme la paix était faite en Provence avec des grands avantages pour le comte d’Alais. Après cela, l’on parla de s’assembler pour délibérer sur les affaires de Bordeaux et Messieurs des Enquêtes dirent que la reine ni son Conseil ne devaient pas s’en alarmer, qu’on ne parlerait de rien qui fût contre le service du roi et que pour cet effet, on pourrait prier M. de duc d’Orléans de se trouver à l’assemblée. Sur cela, il fut résolu qu’on s’assemblerait le lendemain et qu’on enverrait les députés à Son Altesse Royale pour la prier de s’y trouver, afin de ne rien résoudre qu’en sa présence ; mais la reine ne voulut pas que cela se pressât, ainsi pria M. le duc d’Orléans de n’y aller point et résolut au Conseil de mander le Parlement.
Hier au matin, {e} le Parlement, étant mandé de la part de la reine, y envoya 25 ou 30 députés, lesquels étant arrivés au Palais-Royal, Sa Majesté les pria de ne s’assembler point, leur disant qu’ils n’en avaient aucun sujet puisque la paix était faite en Provence et qu’elle attendait la nouvelle de celle de Bordeaux, dont elle ajouta que M. le duc d’Orléans et M. le Prince étaient les médiateurs. Sa Majesté leur représenta encore que cela faisait bouillir dans les provinces, et que les ennemis en espéraient de nouvelles divisions et le faisaient fort éclater ; et ainsi que, si le Parlement avait quelque chose à demander, qu’il devait envoyer des députés chez le premier président afin que cela ne fît point d’éclat. »


  1. Mercredi 1er septembre 1649.

  2. V. note [6], lettre 252.

  3. V. note [39], lettre 294.

  4. V. note [38], lettre 192, pour ce paquet qu’avait reçu Antoine-Philippe Loisel (v. première notule {g}, note [27], lettre 216).

  5. 2 septembre.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 septembre 1649. Note 24

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0195&cln=24

(Consulté le 20.09.2021)

Licence Creative Commons