À Charles Spon, le 13 juillet 1655
Note [26]

Tunis : « capitale du royaume de Tunis en Barbarie. […] Cette ville est une des plus considérables de l’Afrique. Elle a la forme d’un carré long, dont le circuit est de cinq mille pas ; ses murailles ont quarante coudées de hauteur et elles sont flanquées de tours. Elle est défendue par une citadelle située sur une hauteur, du côté du couchant. Il n’y a point d’autre eau douce à Tunis que celle des citernes, et quelques puits ou fontaines aux environs de la ville, dont les eaux sont partie conservées pour les officiers de la ville et partie vendues aux habitants ; cela n’empêche pas qu’elle ne soit bien peuplée de Mores, de Turcs, de Juifs et de Chrétiens esclaves. Elle est fort marchande ; les Vénitiens, les Génois et d’autres y font beaucoup de commerce ; mais elle est infâme, à cause des pirateries de ses habitants. Louis ix, [saint Louis] roi de France, mourut de peste en assiégeant cette ville l’an 1270. Charles Quint la prit l’an 1535 et la rendit au roi de Tunis. Les Turcs s’en rendirent les maîtres l’an 1570, mais maintenant elle se gouverne en république, ayant son Conseil et son dey ou prince, qui est électif. Elle est pourtant sous la protection du Turc qui y tient un bacha, dont le pouvoir est très petit » (Trévoux).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 juillet 1655. Note 26

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0406&cln=26

(Consulté le 03.12.2020)

Licence Creative Commons