À Charles Spon, le 17 juillet 1657
Note [26]

Don Juan d’Autriche (Juan José de Austria, Madrid 1629-1679), fils illégitime de Philippe iv, roi d’Espagne, et de l’actrice Maria Calderon, était vice-roi des Pays-Bas depuis 1656. Nommé grand prieur de Castille en 1643, il avait d’abord mené une carrière militaire et combattu à Naples, en Catalogne, aux Pays-Bas et au Portugal. Il avait repris Barcelone aux Français en 1652. Vice-roi des Pays-Bas, il allait perdre contre Turenne la bataille des Dunes en 1658. Ses ambitions politiques le discréditaient auprès de son père vieillissant, et surtout auprès de la reine Marie-Anne, la future régente, mère de l’infant don Carlos (futur Charles ii). Pourtant, lorsque celle-ci, au mépris du testament de Philippe iv, se mit à (mal) gouverner l’Espagne avec l’aide de son confesseur, le jésuite allemand Nithard, don Juan devint rapidement le chef de l’opposition nationale et l’ultime recours du parti aristocratique castillan. Avec l’aide des Aragonais et des Catalans, chez qui il se réfugia en 1668, il marcha une première fois sur Madrid et obtint le renvoi du P. Nithard (1669). Toutefois, il refusa le pouvoir et retourna en Aragon. En 1676 seulement, il organisa un véritable coup d’État pour chasser Valenzuela, le favori de la reine mère et de Charles ii. Malgré tous les soutiens qu’il obtint, il ne parvint pas à sauver l’Espagne du désordre financier et militaire. Il dut signer la paix de Nimègue, et seule la mort lui permit d’échapper à un total discrédit : accueilli comme un homme providentiel, il n’avait rien réformé et sa politique fut aussi désastreuse que celle de ses prédécesseurs immédiats. Avec don Juan disparut néanmoins un espoir du parti patriote castillan qui songeait à le placer sur le trône d’Espagne à la mort de Charles ii afin de préserver la monarchie de toute tutelle étrangère ou de tout partage (J. Bérenger in D.G.S. et G.D.U. xixe s.).

V. note [13], lettre 485, pour Robert de Farvacques.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 17 juillet 1657. Note 26

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(Consulté le 12.05.2021)

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