À Claude II Belin, le 4 novembre 1631
Note [28]

André Du Chemin (v. note 7, lettre [1]) était depuis 1629 premier médecin de la reine mère, Marie de Médicis (Florence 1573-Cologne 3 juillet l642).

Veuve du roi Henri iv (assassiné en 1610) et mère de Louis xiii, elle était alors en exil à Bruxelles, dans les Pays-Bas espagnols. V. note [9] du Borboniana 9 manuscrit pour les liens familiaux de Marie avec les Médicis, grands-ducs de Toscane. Henri iv l’avait épousée en 1600, après la rupture de son mariage stérile avec Marguerite de Valois, la reine Margot (v. note [4], lettre latine 456). Le couple avait eu cinq enfants : Louis xiii (né en 1601), Élisabeth (1602, devenue reine d’Espagne en épousant Philippe iv, en 1615), Christine (1602, devenue Madame Royale en épousant, en 1619, le duc de Savoie, Victor-Amédée ier), Gaston d’Orléans (1608) et Henriette (1609, devenue reine d’Angleterre en 1625 par son mariage avec Charles ier).

De 1610 à la majorité de Louis xiii (1614), Marie avait assuré la régence, mais conservé ensuite le pouvoir jusqu’à l’assassinat de son favori Concini (le maréchal d’Ancre, v. note [8], lettre 89) en 1617. Le gouvernement du royaume était alors passé entre les mains de Louis xiii et de son propre favori, le duc de Luynes, qui obligèrent Marie à un premier exil à Blois, de 1617 à 1619 (évasion du château, le 22 février). Richelieu, qui l’avait suivie à Blois, avait permis son retour en grâce ; de nouveau à la cour en 1620, Marie lui avait fait obtenir le chapeau de cardinal (1622), puis l’avait fait accéder au Conseil (1624).

Devenu principal ministre de Louis xiii (21 novembre 1629), Richelieu n’avait pu venir à bout des menées politiques adverses de son ancienne protectrice qu’en lui ôtant tout pouvoir (Journée des Dupes, 11 novembre 1630, v. note [10], lettre 391), puis en la forçant à un exil définitif (fuite de Compiègne, le 18 juillet 1631), d’abord à Bruxelles. Toujours animée par l’espoir d’une réconciliation qui ne vint jamais, et progressivement à bout de ressources, la reine mère déchue allait errer hors de France, de place en place, jusqu’à sa mort : Spa, Bois-le-Duc (Bolduc, v. note [14], lettre 76), puis Londres en 1638, auprès de sa fille Henriette ; et enfin Cologne en 1641 où la maladie l’obligea à interrompre son voyage de retour vers Florence.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 4 novembre 1631. Note 28

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(Consulté le 06.12.2022)

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