À Charles Spon, le 13 juillet 1649
Note [28]

« il en fut jadis de Diagoras et de Protagoras. »

Avec sa métaphore empruntée à Catulle et cette autre allusion au Colloquium heptaplomeres de rerum sublimium arcanis abditis [Colloque des sept savants qui sont de sentiments différents sur les secrets cachés des choses sublimes] de Jean Bodin (v. note [25], lettre 97 ; livre i, page 4, édition de Ludovicus Noack, Hildesheim, Georg Olms Verlag, 1970), Guy Patin visait l’épicurisme athée (libertinage érudit) de La Mothe Le Vayer :

Fuit itaque in Epicuro ficta opinio integritatis, cum adversus Deum immortalem tam iniustus esset, ut omnem illi iustitiam eriperet, i.e. praemiorum ac poenarum potestatem, neque enim aliam ob causam libros de religione scripsit, quam ut Diagorae ac Protagorae poenas effugeret.

[Il est donc faux de croire en la probité d’Épicure car il a été si excessif envers le Dieu immortel qu’il lui a enlevé toute justice, c’est-à-dire le pouvoir de récompenser et de punir, et il n’a écrit de livres sur la religion que pour échapper au sort qu’on a réservé à Diagoras et Protagoras].

Diagoras, philosophe grec athée originaire de Mélos au ve s. av. J.‑C., fut chassé d’Athènes pour avoir tourné en ridicule les mystères d’Éleusis. Protagoras d’Abdère, son contemporain, connut un sort identique pour avoir écrit « Des dieux, je ne puis savoir ni qu’ils existent, ni qu’ils n’existent pas ; car beaucoup d’obstacles empêchent de le savoir, l’obscurité de la question et la brièveté de la vie de l’homme » (Diogène Laërce, page 1089).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 13 juillet 1649. Note 28

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(Consulté le 20.01.2021)

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