À Charles Spon, le 14 juin 1650
Note [3]

Dès le 24 mai, lendemain de la mort de Particelli d’Émery, le président de Maisons avait été pourvu de sa charge, conjointement avec le comte d’Avaux.

Dubuisson-Aubenay (Journal des guerres civiles, tome i, page 265, 25 et 26 mai 1650) :

« Ce jour, tout Paris fut voir le président de Maisons, nouveau surintendant ; et lui, fut rendre visite à M. d’Avaux, son compagnon et premier en rang, lequel celui-ci disait vouloir {a} maintenir et exercer sa charge absolument {b} ; mais il {c} changea de résolution et de langage le lendemain.
Jeudi, jour de l’Ascension, 26 mai, qu’il fut rendre au matin la visite audit président de Maisons, auquel il dit qu’il lui venait dire et déclarer qu’il était seul et absolu surintendant. Il {c} fut aussi au palais d’Orléans où il vit Son Altesse Royale à l’issue de la messe, et lui dit, en présence de toute la cour, qu’il venait supplier Son Altesse Royale d’agréer et trouver bon qu’il sortît de sa charge de surintendant ; à quoi M. le duc d’Orléans lui ayant demandé s’il y avait assez pensé et y était bien résolu, il répondit qu’oui, pourvu que Son Altesse Royale l’eût agréable, ainsi qu’il l’en suppliait ; sur quoi M. d’Orléans se tourna sans répliquer autre chose et le laissa. Le marquis de La Vieuville se remet à poursuivre la surintendance à cause de cette place vacante. »


  1. Duquel de Maisons disait qu’il voulait.

  2. Souverainement.

  3. D’Avaux.

Journal de la Fronde (volume i, fo 223 vo, mai 1650) :

« Enfin, M. d’Émery mourut le 23 à quatre heures du matin, ayant laissé l’entière jouissance de tous ses biens à sa femme et fait quelques legs de peu d’importance à divers particuliers. L’on remarqua qu’il avait des tableaux de nudités qu’il avait achetés 10 mille livres, lequel {a} M. le Cardinal ayant envoyé quérir, l’on trouva qu’il était déjà brûlé, sa femme l’ayant mis dans le feu aussitôt qu’il fut expiré. La surintendance des finances fut donnée le 24 au président de Maisons qui en prêta le serment le 25 ; et hier au matin M. d’Avaux fut au Palais-Royal où il mit entre les mains de la reine sa commission de surintendant, la priant de l’en vouloir décharger, dont Sa Majesté, étonnée, lui en ayant demandé le sujet, il répondit que dans l’état où sont maintenant les affaires, il ne croyait pas la pouvoir bien exercer à l’acquis de sa conscience et qu’il en avait eu cette pensée depuis six semaines, mais qu’il avait attendu jusqu’ici à la déclarer à cause de la maladie de M. d’Émery. On croit que le vrai sujet qui l’a obligé à s’en défaire est parce que M. de Maisons étant plus ancien conseiller d’État que lui, il serait obligé de lui donner la préséance ; et que d’ailleurs il ne pourrait pas non plus s’accommoder avec M. Tubeuf à qui l’on baille la charge de contrôleur général, à cause qu’ils ne sont pas en bonne intelligence depuis que M. d’Avaux, étant entré dans l’exercice de la surintendance, lui ôta le comptant et l’extraordinaire des guerres, et fit tant qu’il l’obligea à sortir entièrement de toutes les fonctions qu’il faisait dans les finances. M. d’Aligre en demeure directeur et non M. de Morangis. »


  1. On a respecté ce passage intempestif du pluriel au singulier.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 14 juin 1650. Note 3

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(Consulté le 18.11.2019)

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