À Charles Spon, le 21 juin 1650
Note [3]

Claude-Absalon-Jean-Baptiste d’Apremont, baron puis marquis de Vandy, précédemment gouverneur de Jametz (v. note [12], lettre 219), l’était alors du Catelet depuis trois semaines. Il mourut en 1689, après une belle carrière militaire au service fidèle de la Couronne.

Journal de la Fronde (volume i, fo 238 vo, 17 juin 1650) :

« Ce matin la nouvelle est venue que M. de Vandy ayant résolu de résister dans Le Catelet jusqu’à l’extrémité, à cause qu’il n’était assiégé que par 8 000 hommes, savoir 4 000 du corps d’armée du marquis Sfrondati et 4 000 Lorrains qui l’avaient joint. La garnison de cette place, envers laquelle il n’avait point eu encore du crédit, n’ayant eu le gouvernement que depuis peu, lui déclara hautement qu’elle ne voulait point se faire égorger par les ennemis et que, ne leur pouvant pas résister, il fallait qu’il fît capitulation de bonne heure, autrement que la garnison la ferait sans lui ; sur quoi il frappa quelques soldats de ceux qui avaient été les plus hardis à lui parler de la sorte, n’y ayant que fort peu d’officiers ; ce qu’ayant obligé les autres à mettre l’épée à la main contre lui, il en tua deux de sa main et fut blessé de deux coups d’épée et de quelques coups de crosse de mousquet sur le dos ; et ce bruit s’étant un peu apaisé, il se fit porter sur les remparts, tout blessé qu’il était, et fit une capitulation honorable suivant laquelle il sortit le lendemain, 15 au matin, avec armes et bagages, et fut escorté avec la garnison à Saint-Quentin, aux environs duquel les ennemis sont revenus. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 21 juin 1650. Note 3

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(Consulté le 27.11.2020)

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