À Charles Spon, le 25 octobre 1652
Note [3]

Paris commençait à sérieusement se lasser la situation.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 154 vo, Paris, 24 septembre 1652) :

« La cour ne voulant point de paix, aux conditions que MM. les princes la demandent, continue à faire ses efforts pour désunir les esprits des Parisiens. Pour cet effet, on a fait semer des billets hier et ce matin, contenant que Sa Majesté étant bien informée de la bonne volonté que les habitants de Paris ont pour son service, et pour se tirer de l’oppression où MM. les princes les tiennent, qu’elle leur permet et ordonne de prendre les armes, et s’assembler en tel lieu qu’ils jugeraient à propos, pour combattre ceux qui se voudront opposer à leurs desseins, arrêter les chefs, et se saisir des factieux, pour faire que la ville soit gouvernée par l’ordre ancien, sous l’autorité de Sa Majesté. Ces billets ne sont datés, ni signés, ni scellés. Néanmoins, 3 ou 400 bourgeois se sont assemblés ce matin dans le Palais Royal, où ils ont pris le papier à leur chapeau, au lieu de la paille. {a} Dans cette assemblée, ils commençaient à prendre résolution d’aller premièrement chez M. de Broussel, pour l’obliger par force à se démettre de la commission de prévôt des marchands, de laquelle il a voulu se démettre volontairement aussitôt qu’il a su, mais S.A.R. {b} l’en a détourné ; et cette assemblée n’a osé prendre aucune résolution, et s’est dissipée à midi, quoiqu’il y eût plus grand nombre d’autres qui murmuraient contre eux. Ils avaient parlé de se réassembler cette après-dînée, dans les Augustins, auquel cas S.A.R. avait résolu avec les échevins de tenir une assemblée de Ville, pour empêcher l’effet de l’autre ; mais depuis, les premiers se sont ravisés. Il est venu une cinquantaine d’autres bourgeois, à une heure après midi, au palais d’Orléans, {c} pour se plaindre à S.A.R. de ce que ceux de l’assemblée du Palais Royal s’étaient mis en devoir d’attaquer quelques maisons des particuliers contraires à leur faction ; à quoi elle leur a répondu qu’ils en fissent leurs plaintes à l’Hôtel de Ville, et qu’on leur en ferait justice. »


  1. Le papier ou la paille au chapeau étaient les signes distinctifs des partisans de la cour ou de Condé.

  2. Son Altesse Royale, Gaston d’Orléans.

  3. Au palais du Luxembourg.

ibid. (fo 156 vo, 1er octobre 1652) :

« Les six corps des marchands ayant obtenu, dès la semaine passée, les passeports qu’ils demandaient à S.A.R., partirent avant-hier pour aller en cour où ils demandaient la paix et le retour du roi à Paris, avec des instances accompagnées de larmes qui donnèrent des tendresses à Leurs Majestés, lesquelles leur doivent donner réponse par écrit aujourd’hui. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 octobre 1652. Note 3

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(Consulté le 09.05.2021)

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