À Charles Spon, le 8 septembre 1654
Note [3]

« que Joseph Scaliger appelait bons compagnons issus du pétrin de Loyola. » L’expression de pistrino Loyolæ se trouve deux fois dans les attaques que Scaliger a écrites contre les jésuites en ses lettres latines.

  • De nummo Palæologi sententiam mutare non possum, quum sciam meliora me et probabiliora de eo, quam mulum illum Ingolstadiensem de pistrino Loiolæ, pronuntiasse hominem ineptissimum, et qui, more Societatis suæ, nihil quam centones farcire potest. Quid enim Loiolitæ aliud nunc faciunt ? Ineptissima illius est interpretatio, et nihil pene adversus nos dixit, nisi ubi veterem Ecclesiam imaginibus non usam diximus ; quod quum ipse confutare non possit, ab impudentia Loiolitica subsidium petit. Iamdudum est, quum illum ridere soleo. Neque tuum, neque meum est, illius rationem habere. Hoc esset illi honorem habere, nobis injuriam facere. Certe dolet illi nos de eo nummo ea dixisse, quæ nulli Loiolitæ in mentem venire potuissent. Nihil enim tam ægre est illis, quam ingenia aliqua bona in illo hominum genere reperiri, quos ipsi hæreticos vocant. Retrimentum illud impudentiæ inscitiæque missum faciamus.

    [Je ne puis modifier la sentence de Palélologue sur l’argent, {a} bien que j’en sache sur lui de bien meilleures et plus louables choses que ce qu’a raconté ce mulet d’Ingolstadt, {b} issu du pétrin de Loyola ; c’est un homme parfaitement idiot et qui, à la manière de sa Société, ne peut rien farcir que des centons. Qu’est-ce d’autre en effet que font aujourd’hui les loyolites ? Son interprétation est tout à fait inepte et ne dit presque rien contre nous, sauf à l’endroit où nous disons que l’ancienne Église n’avait pas l’usage des icones ; et comme il ne peut lui-même réfuter cela, il recourt à l’impudence loyolitique. J’ai depuis longtemps l’habitude de me rire de lui. Ni vous, ni moi n’avons de compte à lui rendre. Nous faire injure serait pour lui un honneur. Sur cette question d’argent, il a certainement peiné à nous dire ce qui ne pourrait venir à l’esprit d’aucun loyolite. Pour eux, en effet, rien n’est si pénible que de trouver quelques bonnes idées chez ce genre d’hommes qu’ils appellent hérétiques. Débarrassons-nous donc de cette ordure d’impudence et d’ignorance]. {c}


    1. Dans sa Septième Controverse (Entretien avec un musulman), l’empereur byzantin Manuel ii Paléologue (1350-1425) a prononcé cette sentence : « Comment n’est-il pas très absurde de payer de l’argent et d’acheter ainsi la faculté de mener une vie impie et contraire à la Loi ? » (§ 3b).

    2. Sans doute Jacob Gretser, s.j. (v. note [3], lettre 534).

    3. Ép. Lat., livre iii, lettre ccxxvi à Marquardus Freherus, datée de Leyde, le 23 mars 1606, page 484.


  • Literas tuas humanissimas Partholinus vester mihi reddidit. Si, quoties memini tui, tot epistolas a me acciperes, non tam raras scriberem. […] Gratias quas potui de tuo Plauto egi. […] Cavendum, quantum video, tibi erit a nebulone nescio quo Schoppio ; quia enim ille, ut gloriolæ aliquid pariat sibi, triumviros illos, quibus Plautum tuum misisti, impudentissimis scriptis allatrare instituit ; non dubium est, quin te, qui illorum amicus es, cum causa nostra coniungat. Respondebitur illi a duobus, qui supersunt ; quandoquidem a Lipsio, qui ad plures penetravit, nihil responderi potest. Nos ista literarum et virtutum carcinomata, una cum Amphitheatro Burdonum de pistrino Loiolæ plorare iubemus ; neque tanti sunt, ut nostros somnos interpellent.

    [Votre Partholin m’a remis vos très affectueuses lettres. Si vous receviez des lettres de moi chaque fois que je pense à vous, je ne vous écrirais pas si rarement. (…) Je vous ai remercié tant que j’ai pu pour votre Plaute. {a} (…) Vous devrez, me semble-t-il, prendre garde à je ne sais quel vaurien du nom de Schoppius ; {b} c’est lui en effet qui, pour se procurer quelque gloriole, a entrepris par de fort impudents écrits d’aboyer après ces trois hommes auxquels vous avez dédié votre Plaute ; {c} nul doute que vous, qui êtes leur ami, vous unirez à notre cause. Les deux qui vivent encore lui répondront ; mais Lipse, qui est mort, ne peut rien répondre. Nous nous engageons à déplorer ces cancers des lettres et des vertus, en même temps que l’Amphithéâtre des Burdon, {d} qui est issu du pétrin de Loyola ; et leur nombre n’est pas si grand qu’ils nous empêchent de dormir]. {e}


  1. V. note [16], lettre 407.

  2. V. note [14], lettre 79, pour Caspar Schoppe.

  3. Le Plaute de Taubmann est dédié Opt. max. Reipublicæ litterariæ triumviris [Aux trois hommes les meilleurs et les plus grands de la République des lettres], Joseph Scaliger, Juste Lipse et Isaac Casaubon.

  4. V. note [10], lettre 104.

  5. Ép. Lat., livre iv, lettre ccccxxxv à Friederich Taubmann, datée de Leyde, le 19 juin 1606, pages 795‑796.


V. notes [27], lettre 368, pour les deux curés jansénistes, Henri Du Hamel et Pierre Loisel, partisans de Retz, et [23], lettre 367, pour la marque rouge.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 8 septembre 1654. Note 3

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(Consulté le 05.12.2019)

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