À Charles Spon, le 22 mars 1648
Note [30]

Fortunio Liceti a traité de la circulation du sang dans son quatrième recueil de De quæsitis per epistolas… [Réponses par lettres au sujet de recherches…] (1647 ; v. note [70], lettre 150). Voici ce qu’en a dit Sprengel (tome iv, pages 111‑112) :

« S’il était encore nécessaire de prouver combien peu la théorie est en état de décider sur l’exactitude des faits et des résultats qu’on en tire, Fortuné Licet nous en donnerait un exemple frappant. Il s’était figuré que les parties similaires {a} ou simples ne peuvent être nourries que par le sang artériel, et que le sang veineux seul est susceptible de servir à la nutrition des parties grossières. C’est pourquoi il croyait qu’une portion du sang passe de la veine cave dans le ventricule pulmonaire {b} pour retourner ensuite dans cette même veine, et que l’autre est portée par la veine coronaire {c} au ventricule aortique ; {d} d’où, après avoir été élaborée et mélangée avec les esprits vitaux, elle se trouve chassée dans l’aorte. Le résidu du sang qui a nourri les organes revient au cœur, en partie par la veine cave et en partie par l’aorte. C’est pourquoi {e} il est nécessaire que l’abouchement des gros vaisseaux dans le cœur soit garni de valvules ; mais celles-ci ne ferment point complètement le ventricule. Licet confond aussi la valvule mitrale avec les valvules sigmoïdes de l’aorte. Il exposa d’abord cette hypothèse avec les plus grands détails dans une lettre à Thomas Bartholin et ensuite, il lui consacra un traité particulier. Bartholin éleva des doutes très fondés contre elle car il objecta que les valvules s’opposent à ce mouvement de flux et de reflux, et qu’il est fort peu vraisemblable que le même vaisseau serve à porter le sang au cœur et à l’en éconduire. Riolan lui-même trouva cette théorie complètement ridicule. »


  1. V. note [7], lettre 270.
  2. Ventricule droit.

  3. Veine qui draine le sang venu des artères coronaires, nourricières du cœur.

  4. Ventricule gauche.

  5. Selon Liceti.

V. la lettre de Sorbière à Mazarin, pour une explication complète de la circulation du sang.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 mars 1648. Note 30

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(Consulté le 18.10.2019)

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