À Charles Spon, le 9 avril 1655
Note [30]

« Disposant de ces cadavres, il a mené une recherche sur les opinions nouvelles de Jean Pecquet et de Thomas Bartholin, avec une main soigneuse et des yeux clairvoyants ». À la fin des Responsiones duæ… de Jean ii Riolan (1655, v. note [1], lettre 414), on trouve :

Caroli Le Noble, Doctoris Medici et Anatomici Rothomagensis Observationes raræ et novæ de venis lacteis mesentericis et thoracicis, deprehensæ in corporibus humanis bene pastis, et post quatuor horas strangulatis, mox eiusdem propria manu publice dissectis. Consentiente æquissimo Senatu Rothomagensis, boni publici amantissimo, ad postulationem medicorum urbis. Ad clarissimum virum D.D. Ioannem Riolanum, etc. [Observations nouvelles et rares de Charles Le Noble, docteur en médecine et anatomiste de Rouen, sur les veines lactées mésentériques et thoraciques, saisies sur des cadavres d’hommes qu’on avait bien nourris et qui ont été étranglés quatre heures plus tard, puis disséqués publiquement peu après d’une main habile. Avec le consentement du très équitable parlement de Rouen, très attaché au bien public, sur la demande des médecins de la ville. Au très éminent Me Jean Riolan, etc.] (Paris, Gaspard Meturas, 1655, in‑8o de 46 pages).

Ce sont deux lettres écrites dans un latin laborieux et souvent fautif. La première est datée de Rouen, le 29 mars 1655 (pages 3‑29), et la seconde (pages 30‑34), non datée, est suivie d’un appendice (pages 35‑46). Le Noble y soutient avec ardeur l’opinion de Riolan sur les canaux du chyle en lui attribuant la primauté de leur exacte découverte et en rapportant ses propres observations faites sur les cadavres de pendus, dont les circonstances sont résumées dans le titre de l’opuscule (pages 33‑34) :

Tua descriptio in homine discrepat ab ea quam delineavit Pecquetus in Canibus, longe dissimilis a Bartholini descriptione in Homine. […] Non credo magnam portionem Chyli ascendere ab subclavias. Fateor tuum scrutinium Anatomicum admirabile præ cæteris mihi placere, et dignum iudicio editione publica, ut omnes, qui novitatibus delectantur, rei veritatem à te fideliter et accurate descriptam agnoscant, quam scriptis meis testabor, atque Tibi ero in æternum devinctissimus, propter studia nostra Anatomica communia, quæ nunquam deseram quamdiu spiritus hos reget artus, tuisque cœptis semper favebo.

Nec Deus intersit, nisi nodus vindice dignus
Inciderit.

[Votre description chez l’homme en diffère beaucoup de celles qu’ont faites Pecquet chez les chiens et Bartholin chez l’homme. (…) Je ne crois pas que la plus grande partie du chyle monte se jeter dans les veines subclavières. J’avoue que vos admirables recherches anatomiques m’agréent plus que celles des autres et je les juge dignes d’être offertes au public pour que tous ceux que les nouveautés séduisent reconnaissent la vérité de ce que vous avez décrit avec précision et fidélité, ce dont j’attesterai par mes écrits ; et je serai éternellement votre très dévoué en raison de nos études anatomiques communes ; je n’y faillirai jamais, aussi longtemps que la vie m’animera le corps, et je serai toujours favorable à vos desseins :

Nec Deus intersit, nisi nodus vindice dignus
Inciderit
]. {a}


  1. « Sans intervention divine, à moins que le dénouement ne l’exige » (Horace, Art poétique, vers 191‑192).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 9 avril 1655. Note 30

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0398&cln=30

(Consulté le 13.04.2021)

Licence Creative Commons