Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 3b. Novembre 1651-novembre 1652, Décrets et assemblées de la Faculté de médecine
Note [30]

Ce doctorat fort singulier figure dans les Comment. F.M.P. (tome xii, fo 58 vo), parmi ceux qui ont été décernés durant la seconde année du décanat d’André Du Chemin (v. note [1], lettre 7) :

Die Mercurij 17a Januarij 1624. Mag. Janus Cæcilius Frey Laurea doctorali a Magistro Simone le Tellier Doctori Medico præside insignitus proponit Magistro Roberto Tullouë Doctori Medico.

An quartanæ aqua mineralia ?

Præses autem alteram hanc quæstionem dat enucleandam Magistro Simoni Bazin Doctori Medico.

An quartanæ theriaca ?

[Le mercredi 17 janvier 1624, Maître Janus Cæcilius Frey {a} a reçu le bonnet doctoral sous la présidence de Maître Simon Le Tellier, {b} docteur en médecine, en proposant cette question à Maître Robert Tullouë, {c} docteur en médecine :

« Les eaux minérales conviennent-elles dans la fièvre quarte ? »

Le président a ensuite donné à résoudre l’autre question à Maître Simon Bazin {d}, docteur en médecine :

« La thériaque convient-elle dans la fièvre quarte ? »].


  1. Janus Cæcilius Frey, né vers 1580 à Kaiserstuhl, dans le canton suisse d’Argovie, était venu étudier à Paris. Après avoir professé la philosophie au Collège de Montaigu (v. note [18], lettre 300), il devenait alors docteur de la Faculté de médecine de Paris. Il mourut à Paris en 1631. Les Iani Cæcilii Frey, Doctoris Medici Facultatis Parisiensis, nec non Philosophorum eiusdem Academiæ Decani, Opera quæ reperi potuerunt, in unum corpus collecta [Œuvres qu’on a pu trouver de Janus Cæcilius Frey, docteur en médecine de la Faculté de Paris et doyen des professeurs de philosophie de cette même Université, recueillies en un seul corpus] (Paris, Jean Gesselin, 1645-1646, in‑8o) sont disponibles sur Gallica.

  2. Simon Le Tellier, natif de Mantes-la-Jolie (Yvelines), avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1598.

  3. V. note [7], lettre 418.

  4. V. note [27], lettre 7.

La faveur dont a ensuite joui Frey est l’objet du 5e article de l’assemblée du 27 janvier 1624 (ibid., fo 65 vo) :

Annuendum esse supplicationi M. Jani Cæcilij Frey novi Doctoris, qui a Facultate petiit sibi ut liceat primo quoque die præesse actui quodlibetario extra ordine solutis solvendis. Cui annuit Facultas ea lege ut dictus Dn. Frey refundat quæ in vesperiarum, doctoratus et pastillariæ actibus solent singulis doctoribus distribui. Sicque sine convivio præsit, nec unquam centum et octoginta libellas pro jure extraordinario in doctoratu persolvi solitas persolvere.

[Il convient de donner une suite favorable à la supplique de M. Janus Cæcilius Frey, docteur nouvellement reçu qui a demandé à la Faculté d’être autorisé à présider hors tour une thèse quodlibétaire dès la première occasion qui s’en présentera, après avoir acquitté ses droits. La Faculté l’a permis audit M. Frey, à condition qu’il rembourse l’argent qu’on a coutume de distribuer à chaque docteur lors des actes de vespérie, de doctorat et de régence. Qu’ainsi donc il préside sans offrir de festin et, par exception à la règle, sans jamais verser les cent quatre-vingts livres {a} qu’il est habituel de payer pour l’obtention du doctorat]. {b}


  1. Cette somme, dont Frey était exceptionnellement exonéré, correspondait aux seuls droits d’inscription dus à la Faculté, sans compter les honoraires privés, de montant inconnu, directement versés aux docteurs régents qui participaient aux actes (v. note [60] des Décrets et assemblées de 1651‑1652).

  2. Aucune des sources que j’ai consultées (Comment. F.M.P., catalogue de Baron, collection des thèses conservées par la BIU Santé) ne fait était d’un acte de régence (pastillaire ou antéquodlibétaire) que Frey ait disputé, ni d’une thèse quodlibétaire qu’il ait présidée. Force est donc d’admettre qu’il se contenta du seul doctorat non régent et ne devint jamais docteur régent de la Faculté. Il ne figure d’ailleurs pas dans le tableau de leur Compagnie dressé en novembre 1625 par le doyen Jacques Cousinot.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 3b. Novembre 1651-novembre 1652, Décrets et assemblées de la Faculté de médecine. Note 30

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(Consulté le 08.07.2020)

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