À Charles Spon, le 18 janvier 1644
Note [31]

« Les arts de Dardanus sont les arts magiques. »

Dardanus était un magicien de Phénicie (Pline, Histoire naturelle, livre xxx, chapitre ii ; Littré Pli, volume 2, page 322) :

Certe Pythagoras, Empedocles, Democritus, Plato, ad hanc discendam navigavere, exsiliis verius, quam preregrinationibus, susceptis. Hanc reversi prædicavere : hanc in arcanis habuere. Democritus Apollobechen Coptiten, et Dardanum e Phœnice illustravit, voluminibus Dardani in sepulcrum ejus petitis : suis vero ex disciplina eorum editis : quæ recepta ab aliis hominum, atque transiisse per memoriam, æque ac nihil in vita mirandum est.

[Pythagore, Empédocle, Démocrite, Platon, pour s’y instruire, traversèrent les mers, exilés à vrai dire plutôt que voyageurs. Revenus dans leur patrie, ils vantèrent la magie, ils la tinrent en arcane. Démocrite {a} a fait connaître Apollobèches de Coptos et Dardanus de Phénicie. Il alla chercher les écrits de Dardanus dans le tombeau de ce personnage ; quant aux siens, ils ont été composés d’après la doctrine de ces deux hommes. Que tout cela ait été reçu par d’autres et se soit conservé dans la mémoire, c’est ce qui m’étonne le plus au monde].


  1. V. note [9], lettre 455.

L’allusion aux arts de Dardanus se trouve dans le dernier article de la thèse de Guy Patin, Estne totus homo a natura morbus ? (vUne thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie ») :

Si copiosus sanguis Cor obruat, sive ille concreverit, necne, cardiaca Syncope statim suboritur, a qua subito suffocatur animal, eodem modo quo apoplectici : istam nulla valet Medicina repellere pestem, nequidem ipsæ artes Dardaniæ : imo nec ipsa Salus si cupiat.

[Si le sang afflue au cœur en très grande quantité, qu’il s’y soit ou non figé, survient sur-le-champ une syncope cardiaque, dont la victime suffoque subitement, de la même manière qu’un apoplectique ; nulle médecine n’a le pouvoir d’écarter ce fléau, non plus que les arts de Dardanus eux-mêmes ; quand bien même Salus en personne le désirerait]. {a}


  1. Ipsa si cupiat Salus,
    servare prorsus non potest hanc familiam
    .

    [Quand bien même Salus en personne le désirerait, elle ne pourrait absolument pas préserver cette famille] (Térence, Adelphes, acte iv, scène 7, vers 765‑766). Déesse de la santé, Salus était fille d’Esculape (v. note [4], lettre 551).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 18 janvier 1644. Note 31

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(Consulté le 15.10.2019)

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