Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium
Note [32]

De Plantis libri xvi. Andreæ Cæsalpini Aretini, Medici clarissimi doctissimique atque Philosophi celeberrimi, ac subtilissimi. Ad serenissimum Franciscum Medicem, Magnum Ætruriæ Ducem [Les 16 livres sur les Plantes d’Andrea Cesalpino, natif d’Arezzo (v. note [55], lettre 97), médecin très brillant et savant, et philosophe très célèbre et fin. Dédiés au sérénissime François de Médicis, grand-duc de Toscane] (Florence, Georgius Marescottus, 1583, in‑4o), dont le chapitre ix, livre quinzième (pages 570‑571) est consacré au pavot (papaver) ; Cesalpino y parle des usages turcs en ces termes :

Succus emanat lacteus inciso caule et capitulis, copiosor et efficacior in nigris, qui concrescens nigrescit appellaturque opium, præcipuum medicamentum ad soporem inducendum et obstupefaciendum, sumptum ervi magnitudine : si amplius devoretur læthargicos affectus inducit, et mortem. At mirum Turcas hodie frequenti usu assumere opij drachmam unam, et amplius innoxie, nec tamen soporem inferre, sed animi alacritatem et ferociam, ideo pugnaturi præsumunt : nam eo veluti inebriantur. Seritur apud nos candidum : nigri generis sponte oritur quoddam capite parvo in ruderibus : ex Hispania semina diversa nigri allata sunt, quæ pulchritudinis gratia in hortis seruntur : opium tamen apud nos nequaquam colligitur, sed aliunde allatum venditur inter merces exteras.

[Quand on en incise la tige et les têtes, il en émane un suc laiteux, plus copieux et efficace dans les noirs, {a} qui noircit en coagulant et qu’on appelle opium, le principal médicament pour induire le sommeil et pour frapper de stupeur, ce qui est attribué à la puissance de la plante. S’il est consommé trop largement, il provoque un état léthargique, puis la mort. Il est pourtant admirable qu’aujourd’hui les Turcs avalent fréquemment une drachme d’opium sans en subir aucun mal : il ne les plonge pas dans le sommeil, mais dans l’excitation et dans la fougue, au point qu’ils en prennent avant de combattre car il les enivre, pour ainsi dire. On plante chez nous du pavot blanc ; du noir pousse spontanément dans les déblais, mais sa tête est petite. On a apporté d’Espagne diverses graines de pavot noir qu’on sème dans les jardins pour l’ornement ; chez nous pourtant, on n’en ramasse d’aucune sorte, mais celui que vendent les marchands étrangers est importé].


  1. Que dans les blancs.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Leçons de Guy Patin au Collège de France (1) : sur le Laudanum et l’opium. Note 32

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8129&cln=32

(Consulté le 18.09.2019)

Licence Creative Commons