Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-3, note 32.
Note [32]

Lactance, {a} à l’endroit cité de ses « Institutions divines » :

Multi ergo ex iis, quia æternas esse animas suspicabantur, tamquam in cœlum migraturi essent, sibi ipsis manus intulerunt : ut Cleanthes, ut Chrysippus, ut Zeno, ut Empedocles, qui se in ardentis Aetnae specum intempesta nocte dejecit, ut, cum repente non apparuisset, abiisse ad deos crederetur

[Nombre de ceux qui ont cru les âmes immortelles se sont tués eux-mêmes comme s’ils étaient assurés de monter au ciel, tels Cléanthe, Chrysippe, Zénon, {b} ou Empédocle {c} qui, une nuit d’orage, se jeta au fond d’un cratère ardent de l’Etna ; {d} et parce qu’il ne reparut plus depuis, on a cru qu’il avait été élevé au rang des dieux].


  1. V. note [16], lettre de Charles Spon, datée du 28 août 1657.

  2. V. notes [8], lettre 340, pour Zénon de Criton, fondateur du stoïcisme, et [16], notule {c} du Borboniana 2 manuscrit, pour le stoïcien Chrysippe de Soles. Cléanthe, successeur de Zénon, au iiie s. av. J.‑C. mit fin à ses jours à l’âge de 99 ans.

  3. Empédocle d’Agrigente est un philosophe présocratique et médecin grec du ve s. av. J.‑C. On lui attribue le fondement de la santé humaine sur les quatre éléments, devenus après lui les quatre humeurs corporelles (v. note [4], lettre de Jean de Nully, datée du 21 janvier 1656).

  4. V. note [1], lettre 958, pour l’Etna, autrement nommé mont Gibelle (Mongibello).

Diogène Laërce (Vies des philosophes illustres, livre viii) a donné les diverses versions de la mort d’Empédocle. Celle de Lactance correspond au § 69 :

« Hermippe dit qu’il avait soigné une femme d’Agrigente, du nom de Panthée, à qui les médecins ne donnaient plus aucun espoir ; et pour cette raison, il avait offert le sacrifice ; ses invités étaient plus de quatre-vingts.

Hippobote dit que, s’étant levé, il s’était dirigé vers l’Etna et que, parvenu au bord des cratères de feu, il s’y était élancé et avait disparu, voulant renforcer les bruits qui couraient à son propos, selon lesquels il était devenu un dieu ; mais ensuite on l’a su, car une de ses sandales a été rejetée par le souffle – en effet, il avait coutume de chausser des sandales de bronze. À ce récit s’opposait Pausanias. » {a}

Le § 73 donne la dernière version, nettement plus prosaïque :

« Plus tard, tandis qu’à l’occasion d’une fête, il faisait route en char, en direction de Messine, il fit une chute et se brisa le fémur. Tombé malade à la suite de cela, il mourut à l’âge de soixante-dix-sept ans. Sa tombe se trouve à Mégare. » {b}


  1. V. supra note [31] pour Pausanias.

    Hermippe de Smyrne est un écrivain et biographe grec du iiie s. av. J.‑C., et Hippobote, un historien de la philosophie, au siècle suivant.

  2. Mégare (distincte de la ville grecque homonyme, v. notule {a}, note [5], lettre latine 264) est le nom français de Megara Hyblæa, ancienne colonie grecque de Sicile, située sur la côte orientale, au nord de Syracuse.

Je n’ai pas trouvé de source à cet article, dont le contenu me paraît compatible avec la conversation de Guy Patin.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-3, note 32.

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(Consulté le 24/09/2023)

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