Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 10 manuscrit
Note [34]

Édition des œuvres d’Horace par Denis Lambin, commentaire portant sur les trois derniers mots du vers 74, ode xxvii du livre iii {a} (page 165‑166) : {b}

Ex quo Græci solent ita loqui, Τους ανθρωπους ταις ατυχιαις σωφρονιζεαθαι, id est Homines rebus adversis sapientores fieri, atque erudiri, si quis luxuriosus profusus ac sumtuosus is consilio mutato frugalitatem, et parsimoniam amplectitur. Hanc sententiam confirmat Cornelius Tacitus, non optimus ille quidem latinitatis auctor, sed historiæ certe sciptor prudens, verus, atque acutus, lib. 17. his verbis : fortunam adhuc tantum adversam tulisti ; secundæ res acrioribus stimulis animum explorant : quia miseriæ tolerantur, felicitate corrumpimur.

[Sur quoi les Grecs ont coutume de dire : « L’adversité rend les hommes plus sages, et instruits », {c} et si une personne est luxuriante, excessive et prodigue, qu’elle change sa conduite pour devenir frugale et parcimonieuse. Corneille Tacite, auteur qui n’est certes par de la meilleure latinité, mais qui reste assurément un historien avisé, fidèle et précis, {d} confirme cela dans son 17e livre « jusqu’ici tu n’as subi que la mauvaise fortune ; les avantages qui en découlent sont de soumettre l’esprit à de plus rudes épreuves, car nous endurons les misères, alors que le bonheur nous corrompt. »] {e}


  1. Mitte singultus, bene ferre magnam
    disce fortunam.

    [Cesse de sangloter, apprends à bien porter ta haute fortune].

  2. Sixième édition, Orléans, Petrus de La Rovière, 1605, in‑4o de 255 pages ; v. notule {b}, note [13], lettre 407, pour celle de Paris, 1566, et pour Lambin.

  3. Adage grec, « Les infortunes de l’homme le rendent sage », que Lambin a traduit en latin, mais sans en citer la source.

  4. Mise en exergue du passage cité par le Borboniana.

  5. Propos que Galba tenait à Pison dans le premier (et non 17e) des 5 livres des Histoires (chapitre xv) : le latin de Tacite est en effet ambigu car on peut aussi traduire, en prenant secundæ comme un génitif singulier et en sous-entendant fortunæ, par « les avantages de la bonne (fortune) », au lieu des « avantages qui en découlent » (c’est-à-dire ceux qu’on tire des malheurs), et cela inverse le sens du propos.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 10 manuscrit. Note 34

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(Consulté le 26.06.2022)

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