Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-2
Note [37]

L’authenticité de cet article ne semble pas douteuse à première vue, parce que Guy Patin était grand familier de « M. le P.P. », le premier président Guillaume de Lamoignon (v. supra note [22]), et avait du goût pour les relations d’expéditions lointaines (v. supra note [1]). Néanmoins, il s’agit d’une habile supercherie des rédacteurs de L’Esprit de Guy Patin, car ils plagient un intéressant passage de la :

Nouvelle Géographie ou Description exacte de l’univers. Tirée des meilleurs auteurs, tant anciens que modernes, et principalement de MM. de l’Académie royale des sciences, de Sanson, Blaeu, Brier, du Val, Cluvier, Baudrand, et autres. Enrichie d’un très grand nombre de cartes et de figures des nations. Ouvrage très utile à ceux qui veulent avoir une parfaite connaissance de l’état présent du monde et de ses parties, suivant les dernières découvertes. Par M. D. Martineau du Plessis, géographe. {a}

L’île de Sainte-Hélène y est décrite dans le 3e volume, chapitre xvi, Des Îles de l’Afrique (article i, § vii, pages 140‑141) :

« Ainsi nommée à cause qu’elle fut découverte le jour de la fête de cette sainte par Jean de Nova, Portugais, ou selon d’autres, Jean Pimentel, aussi Portugais, qui y fut jeté par la tempête en 1502 ; {b} est située au 16e degré de latitude méridionale et à 520 lieues {c} du cap de Bonne-Espérance. Elle est petite, mais fertile, et jouit d’un air très sain parce que les ardeurs du soleil sont tempérées par les rosées et par les vents. Les Portugais, qui n’avaient pas eu soin de fortifier dans cette île, en ont été chassés depuis quelques années par les Anglais, {d} qui y ont bâti un bon fort, dans le seul endroit où l’on peut aborder, parce que les côtes sont toutes couvertes de hauts rochers. Les vaisseaux de la Compagnie anglaise des Indes Orientales, à laquelle cette île appartient, y prennent des rafraîchissements et surtout de l’eau douce, qui y est très bonne. C’est sans doute pour cette raison que cette île s’appelle l’Hostellerie des Mariniers. {e} On croit qu’elle est de toutes les îles du monde la plus éloignée de la terre ferme, puisque la distance de la côte occidentale de la Cafrerie, qui en est la plus proche, contient plus de 350 lieues. » {f}


  1. Amsterdam, George Gallet, 1700, 3 volumes in‑12.

  2. João da Nova (1460-1509) est le navigateur galicien, entré au service de la Couronne portugaise, qui découvrit Sainte-Hélène le 21 mai 1502. Je n’ai pas trouvé trace d’un Jean Pimentel. L’Esprit de Guy Patin a fait le mauvais choix en ne citant que cet improbable marin.

  3. Près de 2 100 kilomètres.

  4. Les Hollandais avaient investi l’île en 1633, puis les Anglais en prirent définitivement possession en 1659.

  5. « Il ne faut pas confondre les officiers mariniers avec les officiers de la marine : les officiers de la marine sont les capitaines, les lieutenants, les enseignes ; les officiers mariniers sont le premier pilote, le maître charpentier, le maître canonnier, etc. » (Trévoux).

  6. Environ 1 400 kilomètres. La Cafrerie (pays des Cafres) est l’ancien nom de l’Afrique du Sud.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-2. Note 37

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8215&cln=37

(Consulté le 27.06.2022)

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