À André Falconet, le 3 janvier 1662
Note [4]

La mort du grand vizir Mehmed Pashha Köprülü le 29 octobre 1661 (v. note [12], lettre 184) et les menaces du roi (sophi) de Perse, à l’est, avaient mené à une pause dans l’invasion de la Hongrie par les Turcs.

« Le Turc, qui craignait un défi
De la part du puissant sophi,
Ayant su par quelque corsaire
Que ce redoutable adversaire
N’avait plus dessein, aujourd’hui,
D’armer et de fondre sur lui,
Reprend avecques félonie
Ses projets en Transylvanie.
Et cela fait que l’empereur,
Ému d’une juste terreur,
Autant qu’il se peut se prépare
Pour contrecarrer ce barbare.
Les secours de princes chrétiens,
Celui des amis anciens,

Et des pays héréditaires,
Sont plus que jamais nécessaires ;
Mais les Hongrois, peuples mal nés,
Sont si malintentionnés,
Laissant, faute d’un peu de soupes,
Dépérir ses meilleures troupes,
N’ayant, durant l’hiver fâcheux,
Voulu les héberger chez eux,
Et rendant si peu d’assistance
Contre l’ottomane puissance,
Qu’à raisonnablement juger,
Chimin-Ianos {a} court grand danger
De n’être pas souverain maître
Si soudain qu’il le croyait être. »


  1. Janos Kemény (Jean iii Kemény, 1607-23 janvier 1662) était grand prince de Transylvanie depuis 1660.

(Loret, Muse historique, livre xiii, lettre iii, du samedi 21 janvier 1662, vers 189‑216).

Les hostilités austro-turques allaient bientôt reprendre de plus belle sous la direction de Fazil Akmed Köprülü, fils et successeur de Mehmed Pashha.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 3 janvier 1662. Note 4

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(Consulté le 20.10.2020)

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