À André Falconet, le 29 décembre 1666
Note [4]

Charles-Honoré d’Albert, duc de Chevreuse (1646-1712) était le fils aîné du duc de Luynes, Louis-Charles d’Albert (1620-1690, lui-même fils du connétable Charles d’Albert, duc de Luynes, v. note [15], lettre 205), et de sa première épouse, Louise Séguier, marquise d’O (morte en 1651, v. note [8], lettre 273). Charles-Honoré avait embrassé la carrière des armes. Nommé gouverneur de Guyenne, il se consacra ensuite entièrement à l’étude. Le dauphin, le duc de Bourgogne, les ministres de Louis xiv le consultaient souvent ; mais par modestie, il refusa toujours de prendre une part active aux affaires publiques. C’était un des esprits les plus distingués et un des caractères les plus honorables de son temps. Il était ami de Fénelon. En 1667, il épousait la fille aînée de Colbert, Jeanne-Marie-Thérèse (G.D.U. xixe s.).

En date du 1er janvier, Louis xiv écrivait de Saint-Germain au duc de Chaulnes (branche cadette des Luynes), gouverneur de Bretagne :

« Mon cousin, j’ai conclu le mariage du sieur de Chevreuse avec la fille aînée du sieur Colbert ; et comme j’attache par ce moyen le chef et le seul héritier mâle de votre Maison à celle d’un homme qui me sert dans mes plus importantes affaires, avec le zèle et le succès que fait ledit sieur Colbert, j’ai bien voulu vous donner avis moi-même de cette alliance, m’assurant que vous prendrez part à la satisfaction que les deux familles en témoignent. »

Le mariage eut lieu le 20 février. L’épouse apportait au jeune duc 369 000 livres en argent comptant et avancement d’hoiries, et 15 000 livres de pierreries (Vergé-Franceschi, page 420).

Olivier Le Fèvre d’Ormesson (Journal, tome ii, page 483) :

« Le dimanche 2 janvier, le matin chez M. d’Hacqueville, qui me dit le mariage résolu de M. le duc de Chevreuse, fils de M. de Luynes, avec Mlle Colbert ; que le roi avait dit au commencement qu’il ne le voulait point, et néanmoins que c’était lui qui en avait parlé à M. de Luynes, et témoigné qu’il le souhaitait ; ce qui marque le crédit de M. Colbert. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 29 décembre 1666. Note 4

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(Consulté le 27.09.2022)

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