À Johann Georg Volckamer, le 10 janvier 1659
Note [4]

Guy Patin écrivait ces lignes trois ans avant que Marcèllo Malpighi, qui fut cet Œdipe (celui qui a résolu l’énigme du Sphinx, v. note [28], lettre 226, ) ou Deus ex machina (v. note [33], lettre 152) de la circulation sanguine, n’eût publié sa découverte des capillaires (v. note [19] de Thomas Diafoirus et sa thèse) : une pièce maîtresse manquait alors au circuit complet du sang, ce qui autorisait à douter de sa réalité anatomique (mais non pas fonctionnelle, v. note [14] de La circulation du sang expliquée à Mazarin), telle que William Harvey l’avait décrite en 1628 ; mais Guy Patin la réfuta encore de pied ferme dans sa thèse de 1670.

Sans vouloir l’excuser, son acharnement à nier ce qui semblait déjà une évidence expérimentale avait une explication raisonnable (quoique fort difficile à comprendre aujourd’hui) : il n’en entendait pas le modus, le mode, c’est-à-dire le but, ne voyant pas quelle fin pouvait bien servir ce déplacement circulaire du sang à grand débit qui mettait le corps sous forte tension, menaçant les vaisseaux de rupture, et faisait perdre à la saignée, et même à la théorie des humeurs tout entière, l’essentiel de leurs fondements logiques (dogmatiques). Pressentis par Malpighi, les échanges gazeux dont le sang est le véhicule exclusif (hématose) n’ont été entièrement débrouillés qu’au début du xixe s., après qu’Antoine Lavoisier eut donné le nom d’oxygène à l’« air vital » (1777).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Georg Volckamer, le 10 janvier 1659. Note 4

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(Consulté le 20.01.2021)

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