À Gerardus Leonardus Blasius, le 22 octobre 1665
Note [4]

V. note [3], lettre 124, pour les trois traités de Galien en faveur de la saignée. Il s’est élevé contre les sectateurs d’Érasistrate (v. note [23], lettre 324), adversaires acharnés de ce traitement, dans son livre Περι φλεβοτομιας προς Ερασιστρατον [de la Phlébotomie contre Érasistrate] (Kühn, volume 11, page 175, traduit du grec) :

Admirantur enim Erasistrati rationem et nomen sibi ab illo imponunt, Erasistrateos appellantes : adeo vero sunt illius præceptorum ignari, ut omnia potius quam sententiam illius interpretentur. De sanguinis itaque missione adeo prolixa et absurda nugantur, ut aliquis non inscitiam modo ipsorum, sed jam etiam impudentiam demiretur. Quum enim manifeste Erasistratus dicat in capite de sanguinis eductione, in quo etiam solo venæ sectionis meminit, Chrysippum sanguinem non detrahere, ut æger qui ob inflammationes necessario inediis traducitur, sufficiat. Ipsi omnia potius quam hæc dicunt. Deinde visne me hominibus attendere, qui de Erasistrato nugantur, quum Erasistrati verba habeamus ?

[En se faisant appeler érasistratiens, ils ont admis le système d’Érasistrate et se sont attribué son nom ; mais ils sont si ignorants de ses préceptes, qu’ils comprendraient tout sauf ce qu’il a réellement pensé. Ainsi donc, débitent-ils tant de balivernes et d’absurdités sur la saignée qu’on s’étonne bien plus de leur impudence que de leur ignorance. Le fait est bien que, dans son chapitre sur la saignée, où il ne parle que de la phlébotomie, Érasistrate énonce clairement que Chrysippe {a} ne tirait pas de sang dans les inflammations, quand il suffit de faire jeûner le malade. Là-dessus, les érasistratiens disent n’importe quoi. Pourquoi donc voudriez-vous que je prêtasse attention à des hommes qui content des sornettes à propos d’Érasistrate, quand nous disposons de ses authentiques propos ?]


  1. Chrysippe de Cnide, médecin grec du ive s. av. J.‑C., fut l’un des maîtres d’Érasistrate.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gerardus Leonardus Blasius, le 22 octobre 1665. Note 4

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(Consulté le 16.10.2019)

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